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Renouer avec le succès dans le contexte du renouveau pédagogique

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C’est en 2005 que le ministère de l’Éducation (MELS) a commencé à utiliser “officiellement” le libellé “Renouveau pédagogique“, ce qui a un peu mis fin au terme “réforme” qui était davantage associé à l’initiative de Pauline Marois, en 1997.

Il faut dire que les années 2000 étaient bouillonnantes en ce qui a trait aux réformes de l’éducation, au Québec. L’organisation de l’école québécoise a subi d’importants changements, incluant dans l’organisation-même de l’école, comme…

  • la refonte des commissions scolaires et de la formation des enseignants
  • la maternelle plein temps à cinq ans
  • les cycles de deux ans, le non-redoublement

Et bien plus! Les enseignants se sont fait imposer l’essentiel du Renouveau pédagogique et pour plusieurs, c’était difficile de s’adapter dans ce modèle où l’enseignant était au cœur de l’acquisition de compétences transversales censées mieux équiper l’enfant, pour ses études supérieures et pour son éventuel intégration du marché du travail.

Sur papier, c’est tout un chantier et sans surprise, une fois arrivé dans les classes, ces chantiers devaient être réalisés par des enseignants qui, trop souvent, faisaient de leur mieux sans nécessairement avoir tous les outils, la formation ou l’inspiration pour livrer ce renouveau tel qu’il avait été imaginé.

Ainsi, le train a quitté la gare mais n’a pas nécessairement atteint sa destination.

En gros, les grilles des matières, au primaire et au secondaire, ont été revues pour redonner aux matières de base plus de place et nécessairement, nous avons assisté à l’élimination de certaines matières jugées moins prioritaires.

Par exemple, le temps d’enseignement dédié au français, langue d’enseignement, de même que celui du programme d’histoire et d’éducation à la citoyenneté ont été considérablement augmentés. Au même moment, de nouvelles matières s’ajoutent comme le programme d’éthique et de culture religieuse, au primaire et au secondaire, le projet intégrateur en 5e secondaire, le programme monde contemporain (5e secondaire) ainsi que le programme de projet personnel d’orientation (3e secondaire).

Pour d’autres matières ce sont des modifications importantes. Au premier chef, les anciennes disciplines telles l’écologie, la biologie et les sciences physiques sont remplacées de la 1ere à la 4e année de secondaire par le programme science et technologie qui reprend l’essentiel des contenus des anciens programmes tout en les enrichissant.

Un gros chantier, à n’en pas douter.

Certains enseignants se sont mieux adaptés que d’autres et encore aujourd’hui, plusieurs tentent de livrer la pleine mesure du renouveau pédagogique sans nécessairement y arriver.

De 2005 à 2015, il y a donc eu 10 ans pour mesurer l’efficacité du renouveau pédagogique, au Québec. Les résultats ne sont pas reluisants sur toute la ligne et on se demande si ces cohortes d’élèves n’ont pas été sacrifiés sur l’autel des idées géniales des mandarins du MELS qui ont justifié leur emploi en modifiant les fondements de notre système scolaire alors que les enseignants, eux, se sont sentis abandonnés à leur sort pour livrer, sur le terrain, l’essentiel du renouveau.

Il y a eu de bons coups et de mauvais coups.

Tout n’est pas négatif, il faut bien le préciser. Il y a l’idée qui allait dans le sens d’outiller l’élève avec des compétences et le côté plus inquiétant où le transfert de connaissances n’avait plus lieu ou alors, pas dans la même mesure qu’auparavant.

Alors que les premières cohortes ayant évolué dans les années du renouveau pédagogique atteignent le CEGEP, des spécialistes tentent de faire le point. Ces élèves sont-ils aussi bien équipés, au plan des connaissances et de l’esprit d’analyse que ceux qui les ont précédés? La question se pose et les réponses ne sont pas nécessairement convaincantes.

Ces élèves demeurent aussi merveilleux et pleins de projets que ceux des autres générations mais quelque chose dans le renouveau pédagogique ne semble pas avoir livré la marchandise. Tout n’est pas perdu. Ces enfants auront l’occasion de parfaire leurs connaissances mais ceux qui s’interrogent sur la réelle utilité d’avoir introduit autant de changements avec le renouveau pédagogique ont raison de le faire.

Qu’importe les conclusions auxquelles on en arrive, par rapport à au renouveau pédagogique, il faut absolument trouver le moyen de renouer avec le succès, pour le bénéfice de nos enfants mais aussi de toute notre société qui a besoin de voir chaque enfant se trouver un emploi valorisant et enrichissant.

Et vous, croyez-vous que le renouveau pédagogique de 2001 à 2008 (officialisé en 2005) a atteint ses objectifs?

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