Qui décide si les enfants sortent jouer dehors, par temps de grands froids?

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Lorsqu’il fait très froid, les parents peuvent s’inquiéter —à juste titre— si l’école fera quand même sortir les enfants à l’extérieur, pendant la journée.

Tout le monde reconnaît l’importance fondamentale d’aller s’aérer à l’extérieur, au cours d’une journée d’école mais lorsque les températures tombent à -20, -25, -30, -35 et -40, ce n’est plus la même chose parce que les risques (pour les enfants mais aussi pour les ados et les adultes) dépassent les bénéfices.

Il semble qu’un grand nombre de parents mais aussi des employés des écoles, croient à tort que ce sont les commissions scolaires qui fournissent des directives non-négociables concernant les sorties à l’extérieur (pour aller jouer… ou grelotter, c’est selon) ainsi que leur durée (pouvant être aussi courtes que 5 minutes).

Et bien, si c’est la version que vous croyez, vous avez tort!

Après m’être entretenu avec quelques directrices générales adjointes de deux commissions scolaires de Québec, ces dernières décident si l’école ouvre normalement ou ferme, en cas de tempête (la fameuse décision habituellement relayée par les radios, le matin) mais en ce qui concerne les récréations, la décision reviendrait intégralement à la direction de l’école.

Le directeur de l’école a donc à choisir s’il fera sortir ses élèves et si oui, pour combien de temps.

Si les élèves doivent absolument sortir par temps froid, tel que l’a décidé le directeur de l’école (sans aucune pression, semble-t-il, de la commission scolaire), il appartient alors aux personnes assignées à la surveillance des élèves de décider si, par exemple, un élève gelé peut rentrer avant la fin prévue de la période de récréation, à l’extérieur.

On comprendra que si un “surveillant” refuse à un enfant qui dit avoir très froid de pouvoir rentrer pour se réchauffer, les risques de blessures augmentent très rapidement. Les engelures et l’hypothermie s’attaquent d’ailleurs avec virulence aux enfants (aussi jeunes qu’à la maternelle) qui restent trop longtemps à l’extérieur.

Sachant cela, si vous allez porter vos enfants à l’école le matin, ne vous gênez pas pour discuter de vos préoccupations avec le directeur de l’école car il décide, seul et sans devoir observer une quelconque directive, si les enfants sortent dehors, au cours de la journée.

Si vous ne voulez pas que votre enfant aille se faire geler dehors, au cours de la journée (souvent deux fois plutôt qu’une), dites-lui. Vous pouvez également l’appeler, au cours de la matinée si vous ne pouvez pas vous rendre à l’école, comme tel.

Les parents vigilants doivent surveiller tout particulièrement certains directeurs d’école qui prétendent devoir obéir à des directives strictes provenant des commissions scolaires car, comme vous le savez maintenant, ces directives n’existent pas ou du moins, pas officiellement — il y a pu y avoir, à un moment ou à un autre, un représentant de commission scolaire qui s’est exprimé sur la chose mais il importe de rappeler qu’il n’y a aucune directive “officielle” qui soit imposée aux écoles.

Les directeurs un peu trop adeptes des sports d’hiver et qui ne savent pas faire la différence entre leur propre résistance au froid et celle d’un enfant de maternelle doivent aussi être ramenés à l’ordre avant d’abuser de leur autorité et mettre les enfants en danger de souffrir d’engelures et d’hypothermie.

Évidemment, s’il fait trop froid et que vous avez des raisons de croire que votre enfant pourrait en souffir, gardez-le à la maison, un point c’est tout!

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2 commentaires
  1. Nathalie Dit

    Bonjour,

    Nous vivons au Québec, il y a des moments en hiver où il fait froid, j’en conviens.

    Mais je crois avant tout que les parents doivent comprendre que l’enfant va dehors chaque jour et qu’il doit se vêtir CHAUDEMENT. Les parents débarquent de la voiture, embarquent dans la voiture, un point c’est tout, il faudrait parfois les sensibiliser sur ce point.

    Les enfants adorent jouer dehors, ils s’amusent et je crois que les éducateurs accompagnent les enfants et diminuent la durée par temps froid, il faut donc faire en sorte que les enfants puissent prendre l’air dans des conditions agréables, c’est à dire qu’ils soient bien habillés.

    Je travaille moi-même en milieu scolaire et j’apprécie de m’amuser dehors avec les jeunes…

    Mettez le nez dehors, vous verrez!

  2. cgelinas Dit

    Merci pour votre commentaire, Nathalie!

    En effet, les joies de l’hiver prennent tout leur sens lorsqu’on se “met le nez dehors”, comme vous le dites.

    Et oui, les enfants qui jouent dehors s’amusent bien.

    Mon point a tout à voir avec la température et je comprends votre argument voulant qu’un enfant bien habillé résiste mieux au froid mais voilà, comme vous le dites, on vit au Québec et ici, il arrive qu’il fasse si froid qu’être à l’extérieur n’est plus agréable, du tout.

    Mon article a été rédigé après qu’une bonne dizaine de parents m’aient écrit pour se plaindre que leurs petits enfants, de maternelle ou de niveaux 1 ou 2, demandent à la surveillante de rentrer, par temps très froid et celle-ci avait refusé (souvent en raison de la période de “récréation” qui n’était pas terminée).

    Les enfants reviennent tristes et parfois avec des engelures, à la maison et lorsque l’école est questionnée par le parent, elle nie tout, comme si rien de grave ne s’était produit mais justement, c’est grave et même très grave.

    Négliger de voir au confort d’un enfant qui prend la peine de demander de rentrer parce qu’il a froid, ce n’est pas acceptable. Qu’importe la durée de la récréation — surtout qu’elle ne devrait même pas avoir lieu, par temps très froid.

    Et il y a pire…

    Oui, il y a beaucoup de familles pauvres qui sont incapables d’habiller chaudement leurs enfants, pour l’école. Ces enfants souffrent doublement du froid.

    Mais même les enfants bien habillés sont en proie de souffrir de températures très basses parce qu’à -25 degrés Celsius, le froid finit par se rendre à la peau et gèle l’enfant.

    Les parents qui m’ont écrit se sentaient bafoués dans leur désir de voir leur enfant protégé du froid et respecté s’il voulait rentrer.

    Ces parents ont raison de dénoncer le manque de jugement d’adultes qui ont une lourde responsabilité, en l’absence des parents qui, eux, n’auraient jamais laissé souffrir leur enfant au froid.

    En ce sens, il ne faut pas hésiter à interpeler le personnel scolaire (et surtout le directeur) afin que de telles situation ne se produisent jamais.

    Nous vivons au Québec et c’est tant mieux. Il faut simplement s’assurer que ceux qui ont la responsabilité de surveiller les petits enfants comprennent que leur jugement doit aller dans le sens de l’extrême prudence et non de l’obéissance à des règles abstraites qui font passer l’humain au second rang.

    Nos enfants, qu’importe leur âge, doivent être pleinement respectés et ce, en tout temps. Incluant lorsqu’ils veulent éviter de geler, en hiver. Qu’importe les “règles écrites”.

    Et comme je l’ai écrit, si l’école ne comprend pas le bon sens et continue à mettre la santé des enfants en danger, on les garde à la maison. Point final.

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