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Quand un enfant appelle à l’aide

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Dans une famille où tout va pour le mieux, les enfants n’ont pas autant de raisons d’appeler à l’aide mais même dans ces contextes favorables, ça peut arriver.

Notre vie d’adulte et surtout, de parent, va tellement vite qu’il arrive trop souvent qu’on ne réalise même pas qu’un enfant, le nôtre ou un autre, appelle à l’aide.

Appeler à l’aide, ça arrive via toutes sortes de mécanismes:

  • Par un appel direct, via un langage plus ou moins descriptif;
  • Par un écrit ou un dessin, selon l’âge de l’enfant;
  • Par un changement du comportement;
  • Via un tiers, souvent un autre enfant, un voisin ou ami qui a une autre perspective que nous sur les choses.

Pourquoi est-il si important de déceler lorsqu’un enfant appelle à l’aide?

  • L’aide demandée doit être rapidement évaluée, idéalement en regard des faits ayant mené à cet appel à l’aide — une urgence devant être traitée comme tel, sans délais;
  • L’enfant vit une situation qui le dépasse et doit obtenir un niveau d’assistance lui permettant de reprendre un certain contrôle sur celle-ci;
  • La sécurité, la santé ou l’équilibre d’un enfant doit être préservée et l’appel à l’aide nous rappelle ces impératifs fondamentaux.

Qu’il s’agisse ou non d’une urgence, l’appel à l’aide d’un enfant ne doit pas être relégué à une évaluation future puisque celui-ci, de par sa condition, peut courir un bien plus grand risque qu’un adulte pour une même situation. Qui plus est, l’adulte a la responsabilité de voir au bien-être de l’enfant. Tout manquement à cette directive peut nuire à l’enfant.

Certains adultes croient que l’enfant apprend à devenir autonome lorsqu’il est laissé à lui-même mais c’est risqué puisque l’enfant pourrait développer de mauvais réflexes, en l’absence de la validation qui accompagne généralement l’aide de l’adulte.

Il n’y a pas de passe-droit. Pour tout manquement d’un adulte à répondre à l’appel à l’aide d’un enfant, il y a des conséquences. Immédiates ou plus tard, l’absence d’aide d’un adulte a créé un déséquilibre chez l’enfant et celui-ci cherchera à retrouver son équilibre en compensant via des actions qui pourraient être tout aussi inconvenantes que l’urgence elle-même, à l’origine de l’appel à l’aide. Ainsi, l’assurance d’une réponse lorsque l’enfant appelle à l’aide lui permet davantage de maintenir une équilibre, dans sa vie.

Même adultes, nous sommes parfois impatients à recevoir de l’aide lorsque nous en demandons alors imaginez comme ça peut être difficile d’attendre pour un enfant qui appelle à l’aide. Le facteur temps a donc beaucoup d’importance lorsqu’il s’agit de répondre à ce type d’appel d’un enfant vers quiconque peut lui venir en aide, généralement un parent ou une personne en autorité.

La dynamique d’aide doit aussi être valorisée.

Un enfant qui reçoit des réponses adéquates à ses appels à l’aide développera sa propre capacité à aider. C’est la même chose avec un adulte. Aider engendre un climat d’entraide. Et ça finit souvent par nous revenir, d’une manière ou d’une autre, d’où l’importance de valoriser le fait de répondre aux appels à l’aide qui, en quelque sorte, des occasions d’aider l’autre et de s’aider soi-même, au passage. Il y a quelque chose de thérapeutique à être aidé, aussi bien que dans le fait d’aider. Aller vers l’autre au lieu de rester replié sur soi-même, surtout pour aider, fait grandir, intérieurement.

Les jeunes enfants étant souvent enclins à demander de l’aide, notamment parce qu’ils ne sont pas physiquement ou mentalement capables d’affronter diverses situations, il faut veiller à préserver ce réflexe tout en transmettant des méthodes pour favoriser l’autonomie. Au fil du temps, l’enfant sera mieux outillé pour répondre à plusieurs situation qui auraient, auparavant, demandé l’aide d’un tiers et en tant qu’adulte, il faut féliciter l’enfant (directement ou implicitement) de rechercher de l’aide plutôt que de souffrir seul devant des défis trop importants.

Pour les urgences, il faut insister, auprès des enfants, sur la nécessité de prévenir une personne en autorité ou quelqu’un susceptible de le faire. Il arrive qu’on puisse régler un problème par soi-même mais pour la plupart des problématiques, deux têtes valent mieux qu’une! Pour des problèmes complexes, c’est à plusieurs que ça devient plus facile à résoudre.

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L’humain étant une “créature sociale“, le pouvoir de l’action conjointe nous permet d’avancer, individuellement et en tant que collectivité.

Que ce soit votre enfant ou celui d’une autre personne, suivez votre fibre moral la plus noble et faites le bien autour de vous en répondant aux appels à l’aide, à chaque fois que vous les percevez. Vous grandirez et permettrez à un enfant de grandir, lui aussi.

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