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Mettre fin aux devoirs… ça fonctionne?

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Le nouveau gouvernement libéral majoritaire de Philippe Couillard, voté au pouvoir lors de l’élection du 7 avril 2014, entretient le doute quant aux coupes budgétaires qui pourraient affecter des programmes comme l’aide aux devoirs dans les écoles alors plus que jamais, les responsables scolaires évaluent toutes les alternatives, comme de mettre fin aux devoirs le soir, à la maison.

Il serait question de miser sur la lecture et le développement individuel de chaque enfant plutôt que de consacrer du temps et de l’effort à des devoirs qui, au final, peuvent être effectués en classe, sous la bienveillante supervision d’un enseignant qui comprend la matière et qui offre un encadrement académique de niveau professionnel (idéalement parce qu’on sait tous qu’il y a des exceptions, malheureusement).

Un enseignant qui accompagne ses élèves lors de sa période de devoirs et de révisions — pendant les heures de cours. Ça fait autant de sens pour l’élève… que pour l’enseignant, lui-même!

Est-ce que ce modèle de devoirs et de révisions, à l’école, pendant les heures de cours, fonctionne aussi bien, ou mieux que celui des devoirs à la maison?

Si on le demande aux enseignants et à la direction de l’école La Passerelle d’Asbestos, il semblerait que oui.

Pour eux, la question est réglée et ce, depuis maintenant 4 ans. Bien que les élèves n’aient ni devoirs, ni leçons, leurs résultats scolaires sont… en hausse!

Dans les faits, les jeunes élèves du primaire passent quand même une vingtaine de minutes à lire et le lendemain, en classe, ils parlent de ce qu’ils ont lu. C’est en partie pour prouver qu’ils ont lu et en partie pour développer leur sens critique. Sans oublier que c’est agréable!

Rares sont les maisons où c’est plus adapté qu’une école pour apprendre alors ça tombe sous le sens de garder l’école… à l’école. En plus, sans l’enseignant, un parent peut se retrouver embêter devant des consignes imprécises, ce qui créé du stress et des conflits inutiles, à la maison. Utiliser les heures de cours pour y inclure les devoirs et les révisions, c’est une idée de génie!

Les enfants aussi le droit de profiter de leurs soirées avec leurs parents. Les familles ont le droit d’avoir un peu de temps pour se retrouver et relaxer, ensemble.

Les enseignants qui imposent encore des devoirs s’imposent dans les quelques heures de vie de famille que les ménages québécois ont et c’est une invasion malvenue car ce n’est ni le moment, ni l’endroit pour noircir des pages dans le but souvent illusoire de “mieux comprendre”.

Certains parents sont excellents pour aider leurs enfants et dans le modèle des devoirs à l’école, ils peuvent continuer à faire des révisions, le soir, avec leurs enfants. Ceci dit, sans les devoirs, une foule de nouveaux enseignements sont désormais possibles. Qu’on parle de moments pour aller jaser avec les grands-parents ou encore, de belles marches en forêt avec une lampe de poche, tout devient possible lorsque cesse la tyrannie des devoirs, le soir, à la maison.

Pour en revenir à l’école La Passerelle d’Asbestos, ils ont déjà observé une importante baisse des conflits à la maison. Les enfants se couchent plus tôt avec le sentiment du devoir accompli —ce magnifique sentiment qui favorise les belles nuits de sommeil— et les enfants reviennent, le lendemain matin, à l’école, avec tout le repos et l’énergie qu’il leur faut pour livrer une solide performance, en classe.

Autrement dit, en enlevant les devoirs, c’est une montagne de problèmes individuels et sociaux pour les élèves, leur famille et les enseignants qui se sont tout simplement évaporés! Un succès sur toute la ligne. Qu’est-ce que les autres écoles primaires attendent? Ça fait 4 ans en ligne que ça fonctionne à merveille —pour tout le monde— à l’école La Passerelle d’Asbestos?

Et le passage au secondaire?

Évidemment, ça prend une petite période d’adaptation mais l’enfant est bien plus vieux, en secondaire 1 et à ce moment, il est capable de livrer une belle performance en ce qui a trait aux devoirs à la maison, le soir. Pour faciliter la transition, il est probablement préférable d’augmenter un peu la charge de devoirs en 6e année (ajouter quelques devoirs aux lectures) ou encore, ce qui serait plus habile, de baisser le volume de devoirs exigés, en secondaire 1.

Le Québec doit cesser de détruire l’estime des enfants en les confrontant, soir après soir, à des montagnes de devoirs où ils finissent par se perdre et se décourager de l’école.

Si l’école est sérieuse et honnête à propos de son désir d’accompagner les enfants, il faut un changement majeur, à propos des devoirs le soir, à la maison. Ceux-ci doivent être radicalement revus à la baisse pour ne conserver que des épisodes de lecture afin que les devoirs et les révisions aient lieu en classe, sous supervision professionnelle.

Les enfants, les parents et même les enseignants ont le droit d’avoir leurs soirées, à eux.

Notre société s’en va dans un mur en essayant de faire avaler sa doctrine des devoirs obligatoires, à la maison. Il faut éduquer nos enfants à bien d’autres choses que le français et les mathématiques. En volant le peu de temps en famille qu’il reste aux enfants et à leurs parents, les enseignants pro-devoirs agissent contre le meilleur intérêt de ceux-ci.

Les enfants ont besoin de respirer, le soir, eux-aussi.

En tant que parents, il existe une belle alternative à la sinistre doctrine des devoirs mur-à-mur qui a cours, présentement, au Québec. Il faut suivre l’exemple de l’école La Passerelle d’Asbestos et aider nos enfants à se créer un bel équilibre de vie où leur imagination aura le temps de fleurir.

Même si les devoirs peuvent avoir certains bénéfices lorsqu’ils sont réalisés à la maison, les torts qu’ils provoquent, pour une grande quantité de familles, ne peut plus être ignoré.

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