Ludifier l'éducation

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Quiconque aime jouer, au sens large, sait à quel point le jeu attire, motive et divertit alors pourquoi ne pas appliquer ce modèle à l’éducation?

Après tout, si l’éducation devenait aussi grisante que le jeu, les enfants s’y intéresseraient encore plus, non?

Cette approche porte un nom. On parle de ludification, soit la traduction française du mot anglais “gamification”. Le mot s’utilise dans toutes ses formes, de ludique à ludifier.

Ludifier l’éducation, au Québec, fait du sens. À tous les niveaux, pas seulement de la maternelle à la fin du primaire. Les élèves veulent apprendre mais veulent aussi avoir du plaisir, quel que soit leur âge alors pourquoi entretenir un système d’éducation qui ne répond que partiellement à leurs aspirations?

Au Québec comme ailleurs dans le monde, nous pouvons faire mieux pour valoriser nos portfolios de formation scolaire (parce que le contenu de qualité existe, dans la plupart des cas). La ludification de l’éducation offre une opportunité de donner une nouvelle vie aux contenus attrayants qui méritent d’être explorés par les élèves.

Avec un contenu plus engageant pour un élève, via une approche ludifiée, sa motivation augmente et son potentiel de réussite aussi.

Comme toute bonne idée, elle nécessite une bonne gouverne pour être réalisée, aussi pleinement que possible. La ludification de l’éducation doit donc être favorisée et non imposée afin de laisser les idées créatives se concurrencer, entre-elles afin que la ludification elle-même devienne un jeu. C’est cohérent avec le principe du jeu que de laisser le jeu en demeurer un. Incluant dans les formations, à l’école.

À mon sens, la ludification ne doit pas être une solution à taille unique mais bien un cadre malléable, créatif et finement adapté aux contenus scolaires. Tout pour garder l’élève intéressé. Pour éviter que le jeu soit toujours le même et qu’idéalement, l’élève lui-même puisse contribuer au jeu.

Avec une approche aussi ouvert à la ludification de l’éducation, tous peuvent faire partie des multiples idées qui prendront graduellement la forme de solutions.

Les directeurs peuvent assurer les ressources en argent et en temps, les enseignants peuvent voir à la bonne correspondance entre l’enseignement et les variantes de jeu, les élèves peuvent jouer en ayant un réflexe d’amélioration continue du jeu (et du contenu éducatif) et les parents, eux, peuvent suivre le jeu et en faire partie, dans une plus petite mesure, s’ils le désirent.

L’humain aime s’amuser. Le jeu est une proposition initialement attrayante, en autant que le jeu soit réellement attrayant. Les créateurs des jeux, à tous les niveaux, doivent donc assurer une gouverne responsable pour que ces jeux reflètent notre plus haut niveau de conscience et de considération pour l’autre. Des jeux respectueux et respectables, en quelque sorte.

Et ce n’est pas tout, ces jeux doivent être d’abord offerts librement afin de célébrer la mise en commun de notre créativité tout en permettant que certaines contributions à haute valeur ajoutée puissent être payants afin de motiver les parties à vivre, au moins en partie, des fruits économiques de leur travail de ludification de l’éducation.

Ce serait d’ailleurs un domaine formidable pour établir des milliers de coopératives de créateurs de jeux compatibles avec nos cursus éducatifs, partout au Québec. Ainsi, ces coopératives pourraient mousser l’intérêt des élèves et de ceux qui les côtoient pour l’entrepreneurship, la création, la mise-en-marché de jeux et d’autres solutions associées.

Autrement dit, pour donner du pep à notre système d’éducation québécois, ça prendrait du jeu. Et un cadre de développement de ceux-ci.

L’idée va inévitablement prendre du galon ailleurs dans le monde, aussi alors c’est une opportunité de plus pour faire des ponts avec les créateurs, ailleurs. Mieux encore, voilà des opportunités de commercialisation pour nos jeux à valeur ajoutée.

Imaginez un instant si nos élèves dérivaient des revenus de leur créativité, pendant qu’ils sont encore à l’école… ce serait un motivation supplémentaire à faire de leur parcours académique un succès puisqu’ils peuvent déjà goûter aux nombreux plaisirs du partage (pour les aspects libres de leurs créations) et des gains économiques (dérivés des ventes, ici et ailleurs).

Des centaines d’articles bien en vue existent ailleurs dans le web à propos du jeu ou de la ludification, en éducation. Ceci dit, il nous appartient de créer une formule québécoise afin de valoriser ce concept à notre façon.

Et vous, faites-vous partie de ceux qui croient au potentiel de la ludification de l’éducation?

En commentaire, expliquez comment vous vous y prendriez pour ludifier l’enseignement, en tout ou en partie, au Québec.

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