Les prêts et bourses 2008-2009

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Prêts et bourses 2008-2009Alors vous avez choisi d’étudier à l’université mais vous n’avez pas les moyens d’en régler toutes les factures?

N’ayez crainte, l’Aide financière aux études a préparé une brochure de 24 pages intitulée “Prêts et bourses: des réponses à vos questions” qui s’adresse justement à vous. Vous pouvez le consulter dès maintenant, en format .pdf, pour enfin comprendre comment fonctionne le fameux programme de prêts et bourses, au Québec.

On y parle des besoins financiers des étudiants en fonction du calendrier scolaire, de la bonne gestion du budget, de l’admissibilité au programme et bien sûr, du mode de calcul de l’aide financière.

Il y a aussi une page qui rappelle que l’étudiant universitaire qui a gradué (ou cessé d’étudier) doit prendre en charge les intérêts de sa dette dans un délais d’un mois suivant la date de fin des études et six mois plus tard, il doit commencer à rembourser le capital.

Les exemples de calcul font état de dépenses de 8,500$ pour 8 mois d’étude SANS habiter chez ses parents.

Je ne sais pas sur quelle planète vivent les “génies de la finance” de l’AFE mais ça fait (grosso-modo) 1,062.50$ par mois. Si on enlève des frais d’admission d’au-moins 1,500$ par session, pour 2 sessions (automne et hiver), on retire ipso-facto 3,000$ de l’aide financière, ce qui nous ramène à 5,500$.

Si on enlève un loyer mensuel de 400$ (pour 8 mois, soit 3,200$), il ne reste que 2,300$ pour la session.

Disons qu’on enlève 200$ par mois de nourriture, ce qui équivaut à 1,600$ pour 8 mois et qu’on soustrait encore 60$ par mois pour une passe d’autobus (480$, en tout), il restera un gros 220$ pour acheter les livres!

Mais ce calcul, bien que réaliste, ne tient pas compte du revenu (1) de l’étudiant et (2) des parents. Plus l’un ou l’autre a gagné d’argent, moins il recevra d’aide financière. Bien que ce soit bien ainsi, quiconque veut obtenir une aide financière sera fortement motivé à cesser de gagner des revenus pour devenir “admissible” ce qui, en soi, s’avère socialement contre-productif.

Ainsi, l’aide financière de notre exemple, initialement imaginée (par l’AFE) à 8,500$ pourrait en fait être de 6,500$… ou moins, beaucoup moins.

Alors même si l’étudiant son 6,500$ sous forme d’un prêt de 2,440$ et d’une bourse de 4,060$, il aura intérêt à ne PAS travailler à temps-partiel pour améliorer son sort puisque le Ministère du revenu et l’Aide financière aux études sont apparemment de grands copains et se disent bien des choses, à savoir que si des revenus ont été gagnés “légalement”, la bourse pourrait être rappelée EN TOTALITÉ et le prêt exigible sur-le-champ, avant la fin des études.

On aurait beau imaginer un meilleur incitatif au travail au noir que je doute qu’on pourrait en inventer un!

Les pauvres étudiants récipiendaires d’aide aux études deviennent donc prisonniers, à plusieurs égards, d’une logique comptable profondément déconnectée de la réalité étudiante, au niveau universitaire.

Évidemment, avec le salaire minimum à 8,50$ de l’heure (et 7,75$ pour les employés percevant des pourboires), il faudrait travailler 764,7 heures (ou 23,9 heures, sur 32 semaines) pour gagner 6,500$ par ses propres moyens (moins l’impôt qui serait perçu à la source).

Autrement dit, si vous avez un intérêt pour les études universitaires, que vous ne restez pas chez parents et que vous n’avez aucune chance de dégoter un emploi plus payant que le salaire minimum, vous avez intérêt à devenir copain-copain avec l’Aide financière aux études!

Si vous décidez de jouer le jeu des prêts et bourses, assurez-vous de suivre leurs règlements à la lettre puisqu’ils ont tendance à devenir votre pire cauchemar dès que vous “osez” tenter d’améliorer votre sort sans les prévenir (ce qui risque d’arriver si vous vivez une vie “normale”).

L’idéal, c’est d’avoir des parents assez prévoyants pour avoir accumulé un fonds d’études ou mieux, qu’ils soient assez riches pour vous héberger, vous nourrir et vous soutenir, le temps que vous décrochiez un diplôme qui facilitera votre obtention d’un lucratif emploi… qui vous permettra de fonder votre propre famille.

Comme dans tant de situations concernant l’enseignement supérieur, la débrouillardise, l’opportunisme et la chance peuvent faire toute la différence mais dans tous les cas, il est préférable d’avoir préparé ses finances avec autant de rigueur que sa demande pour être admis à l’université.

Sur ce, bonne chance à tous les étudiants qui réclameront des prêts et bourses de l’Aide financière aux études, en 2008-2009… et après!

Tags: aide financière aux études, prêts étudiants, bourses, études universitaires, enseignement supérieur, argent, prêts pour les études, prêts universitaires, dettes d’études, remboursement de dettes

6 commentaires
  1. maud Dit

    Le fait que l’étudiant soit découragé de travailler pendant ses études est une très bonne chose. Un étudiant ne doit PAS avoir travailler à côté de ses études. Un étudiant pauvre doit recevoir l’aide du gouvernement. Travailler 20h semaine en suivant des études à temps plein a des conséquences sur les résultats scolaires. Comment avoir une production intellectuelle de même niveau entre un étudiant qui passe son temps libre à étudier et un étudiant qui passe son temps libre à travailler physiquement ? Encourager les étudiants à travailler, cela contribue simplement à transporter à l’université les inégalités présentes dans la société, et à les reproduire. Car oui, l’étudiant pauvre qui travaille aura des résultats scolaires moins bons, et donc un emploi moins bon, que l’étudiant riche. Or, un État juste est un État qui donne des chances égales à tous ses enfants.

  2. Pascal Dit

    Je n’ai aucun problème à travailler pendant mes études si j’ai la chance de poursuivre mes celles-ci. L’aide qui m’a été consentie ne couvre même pas les frais d’inscription. De plus, le programme d’études est un programme de deuxième cycle et le Ministère de l’éducation à décidé de le mettre avec les programmes de premier cycle. Probablement pour sauver des sous.

  3. Suzie Déry Dit

    Bonjour,

    J’habite à 1h du CEGEP que fréquente ma fille de 17 ans alors, elle vite en appartement. Je ne vis pas avec le papa de ma fille car celui-ci vit en Alberta et mon salaire est beaucoup plus élevé que le sien.

    Est-ce que ma fille aurait pu inscrire le salaire de son papa au lieu du miens au moment de faire sa demande de prêts et bourse?

    Merci!

  4. Guillaume Dit

    Si vous êtes légalement divorcée. Elle aurait pu mettre le nom de son père à la place du vôtre; il aurait fallu par contre que son père en ait la garde légale.

    Je parle en connaissance de cause ayant déjà fait la demande dans mon cas personnel, en soumettant que que c’était ma mère qui avait ma garde légale.

    Mais même si j’ai fourni tous les documents que les prêts et bourses me demandaient (preuve du divorce, lettre de ma mère signée devant un préposé à l’assermentation qui stipulait que j’étais sous sa garde), j’ai dû porter plainte au Protecteur du citoyen pour obtenir gain de cause.

    Le seul hic que je vois comme son père demeure en Alberta cela risque de compliquer les choses…

  5. Cindy Dit

    Bonjour,

    Moi je suis une Maman aux études, et je suis d’accord avec tout… imaginez à quel point c’est difficile d’être parent et étudiant quand personne ne comprend, surtout les profs… les prêts et bourses ont, en plus, le culot de nous retirer, nous, les parents, des bourses durant les études pour causes inexpliquée… je me suis fait enlever 300$ par mois pour une cause que je ne connais pas encore et malgré ce fait, ils voudraient que j’aille les mêmes notes que les étudiants “riches”.

    Réveillez-vous, Gouvernement, car vous êtes rendu à un tel point à encourager l’inégalité sociale et en plus, vous nous mettez dans des situations qui vous permettent d’encore mieux nous crosser…

  6. William Dit

    Aussitôt que tu es dans la “cloche majoritaire de la population”, penses-y même d’avoir une crisse de cenne du gouv…

    Il y a aussi le fait que l’indépendance parentale a seulement lieu après trois (3) ans et que le baccalauréat n’est que de quatre (4) cours… complètement dingue.

    On se fait crosser.

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