Les enfants de la réforme seront-ils prêts pour le CEGEP?

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Nous n’avons pas fini d’entendre parler de la réforme de l’éducation parce que les CEGEPs s’inquiètent du niveau scolaire de la première génération qui en est issue -et- qui doit arriver dans deux (2) ans.

Il semble que le réseau collégial québécois n’arrive pas à avoir une idée précise des connaissances et des compétences que ces étudiants auront acquises au moment de leur arrivée au CEGEP.

Le ministère de l’Éducation n’a pas encore tenté de rassurer les CEGEPs à ce sujet.

Alors que les étudiants qui ont grandi avec la réforme entreprennent leur nouveau cours de maths de 4e secondaire, qui détermine souvent l’éventail des programmes qui leurs seront accessibles une fois arrivés au CEGEP, les directions des collèges restent dans l’ombre concernant le profil des étudiants formés dans le cadre du Renouveau pédagogique.

Au moment d’écrire ces lignes, les CEGEPs ne savent même pas s’ils devront ajuster leurs systèmes pour accomoder le réel niveau de connaissances de ces élèves! Il y a de quoi s’inquiéter…

La préoccupation des États généraux de l’éducation (tenus en 1995) qui ont pavé la voie à cette importante réforme pédagogique était précisément de rehausser le niveau scolaire des élèves — avant même l’arrivée des étudiants de cette réforme, on constate déjà une inquiétante croissance du nombre d’élèves nécessitant un soutien particulier dès leur arrivée, au CEGEP.

Avec la montée en force de l’internet, la qualité des bibliothèques et la richesse des expériences d’apprentissages offertes aux élèves du Québec, il faudrait cependant demeurer optimiste car notre génération montante, même si elle connaît son lot de défis, a prouvé sa soif d’apprendre.

Ce qui apparaît -réellement- préoccupant, à ce point-ci, c’est de constater qu’au ministère de l’Éducation, il ne semble pas y avoir de suivi serré du niveau de compétences acquises par les enfant de la réforme VS ceux qui les ont précédé.

Tags: réforme éducative, renouveau pédagogique, secondaire, cegep, collégial, collèges, compétences, aptitudes, connaissances, niveau de connaissance, étudiants, élèves, québec, ministère de l’éducation, mels

1 commentaire
  1. Lise Dagenais Dit

    J’enseigne en formation professionnelle (DEP Secrétariat) et je peux affirmer qu’au fil des années, nous constatons des changements majeurs chez les jeunes, tant en ce qui concerne la maîtrise des matières de base que le comportement. En français notamment, je suis parfois décontenancée en lisant des erreurs d’orthographe telles que « phôtes » au lieu de « fautes » ou « avence » au lieu de « avance » chez des jeunes de 18 ans. En ce qui concerne le comportement, nous sommes confrontés à toutes sortes de problèmes comme le déficit de l’attention, le syndrome d’Asperger, l’hyperactivité, etc.

    Mais doit-on jeter la pierre à la nouvelle réforme uniquement? À la base, les enfants sont soumis au stress dès le jeune âge avec un « agenda de président des États-Unis » qui ne laisse pas de place à la débrouillardise et à l’imagination, comme le décrit Stéphane Laporte dans sa dernière chronique. « Ce ne sont pas les enfants qui sont hyperactifs, ce sont les parents qui sont hyperdébordés. Arrêtez d’en mettre! ». Nous vivons dans un monde étourdissant où la vitesse et la quantité supplantent trop souvent la qualité.

    Le ministère de l’Éducation, avec son « plan de réussite » ne nous aide pas vraiment. Quelle aberration de vouloir nous rendre personnellement responsables de la réussite de nos élèves! Et si on parlait de leurs responsabilités!
    L’école devrait préparer nos jeunes au marché du travail, « à la vraie vie », comme je leur dit souvent, avec son lot de tests d’embauche, de restructuration, de compétitions, d’insécurité et d’injustice.

    Nos jeunes ont tout à la portée de main pour réussir, mais la société les gave de notions superficielles comme la surconsommation et l’hypersexualité. On ne récompense pas assez le respect, l’imagination, l’assiduité, la persévérance et le souci du travail bien fait. Selon moi, on ne met pas les efforts aux bons endroits.

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