Les devoirs sont-ils vraiment utiles, pour les enfants?

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En ce qui concerne les devoirs, ceux qui aiment vraiment les enfants savent déjà que les devoirs de type “par cœur” ne favorisent pas leur apprentissage et peuvent même les décourager de s’intéresser à l’école.

C’est pourquoi, dans les écoles d’élite, il n’y a PAS de devoirs obligatoires — que des lectures très légères (maximum 15 minutes) et facultatives qui seront reprises dans les périodes d’études sous supervision des professeurs, à l’école.

En fait, pour les enfants de l’élite, la période des devoirs à l’école équivaut à une période de classe mais elle a généralement lieu dans une grande salle d’étude ou encore, dans une section de la bibliothèque.

Les questions par rapport aux devoirs sont immédiatement répondues par les professeurs ou leurs assistants, voire même des collègues de classe.

Lorsque ces enfants repartent pour la maison, vers 15h50, ils ont l’esprit tranquille et la soirée bien à eux pour aller s’amuser dehors et faire des activités enrichissantes avec leurs parents. Pas surprenant que les écoles d’élite réussissent aussi bien!

Pendant ce temps, dans les réseaux publics et privés (qui ne reçoivent pas les enfants de l’élite), des professeurs trop souvent incompétents tentent de cacher leur médiocrité en surchargeant les enfants de devoirs à “terminer” à la maison pour ensuite pouvoir blâmer l’enfant si celui-ci ne réussit pas son année. Des milliers de professeurs syndiqués procèdent ainsi, partout au Québec. Pas surprenant qu’ils soient d’aussi farouches défenseurs des devoirs!

En fait, ces professeurs pro-devoirs ne seraient JAMAIS capables d’obtenir un emploi dans une école d’élite tant les directions de ces établissements sont allergiques à une telle mentalité qui assume que le temps de classe n’est pas suffisant pour “passer la matière” alors qu’un bon professeur, lui, sera capable de stimuler la curiosité des élèves afin de leur transmettre tout le savoir nécessaire et ce, dans le temps qui lui est imparti.

Mais la question fondamentale demeure: les devoirs sont-ils vraiment utiles, pour les enfants?

Et bien, le Conseil canadien de l’apprentissage a publié un article sur la question et sans dire qu’ils ont nécessairement la réponse finale à cette importante question, ils tirent les conclusions suivantes:

 

  • Les devoirs qui exigent une participation active de l’élève, comme décider de la stratégie à adopter pour résoudre un problème de mathématiques, sont plus susceptibles d’être efficaces que, par exemple, la répétition par cœur.
  • En ce qui concerne les trois études portant sur les élèves du primaire, aucune ne concluait que les devoirs étaient profitables aux élèves plus jeunes.
  • Il semble que c’est aux élèves qui réussissent le moins bien que les devoirs profitent le plus.
  • L’examen du CCA vient confirmer la règle de Harris Cooper selon laquelle la durée des devoirs ne devrait pas dépasser 10 minutes par niveau scolaire par jour (un élève de 8e année, par exemple, ne devrait pas avoir à consacrer plus de 80 minutes à ses devoirs chaque jour).

 

Ouf! On se trouve à des années-lumières de l’obsession des devoirs qu’on retrouve dans le réseau public québécois et dans certaines écoles privées moins bien avisées…

En insistant pour que les devoirs soient faits à l’école, les écoles d’élite assurent que la qualité de vie, à la maison, ne sera pas perturbée. C’est absolument fondamental de préserver la qualité de vie “après l’école” parce que c’est un moment où les familles se retrouvent et prennent le temps de communiquer.

Il n’y a pas que l’école, dans la vie.

Les enfants les plus épanouis sont ceux qui ont le temps de jouer avec leurs parents mais aussi, le temps de rêver et de pratiquer un hobby qui les passionne. La surcharge obsessionnelle de devoirs de trop nombreux professeurs détruit la vie de famille, mine les relations parents-enfants et contribue à bouziller l’enfance de nos petits amours.

Si les enfants ne jouent pas dehors et ne se dépensent pas assez physiquement, ils vont développer des problèmes de santé physique… et probablement psychologiques. En disant NON aux devoirs —et peut-être oui à des travaux très légers mais toujours facultatifs— les parents du Québec s’assurent que leurs enfants auront un temps bien à eux pour se découvrir et se réaliser.

Si votre école croit encore que les devoirs sont la véritable voie vers la réussite, n’hésitez pas à puiser des références dans cette importante étude (en anglais, il y a beaucoup plus de détails) pour les confronter et leur faire entendre raison. En préservant le temps “de soir” pour les familles, votre école sera forcée de se réinventer pour devenir plus performante “de jour”… comme dans les écoles d’élite.

C’est inconcevable que les enfants de familles fortunées aient droit à leur temps “de soir” bien à eux alors que tous les autres croulent sous des montagnes de devoirs aussi inutiles que mal avisés.

Les parents du Québec doivent dire NON aux devoirs mais pour que ça fonctionne, il faut que l’école se prenne en main et fasse “ses devoirs”, à l’interne. Qui plus est, les parents aussi doivent s’assurer qu’après l’école, les enfants aient le droit de jouer dehors (notamment avec des amis du quartier) ou de cultiver leur passion pour un hobby constructif mais il ne faut pas que ce soit du temps évaché devant la télévision!

Les enfants ont besoin d’ordre, de discipline et d’orientation mais ils ont aussi besoin de liberté, de rêve et de stimulation variées.

L’absence de devoirs obligatoires à la maison constitue la pierre angulaire de la réussite de ce virage où nos enfants auront enfin le temps d’être eux-mêmes “de soir” et le lendemain, de retour à l’école, ils se sentiront vraiment ressourcés et prêts à apprendre efficacement la matière qui leur est transmise.

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5 commentaires
  1. […] préserver la qualité de vie des familles en diminuant de manière drastique ou encore mieux, en éliminant complètement les devoirs à réaliser à la maison. Une famille qui a le temps de communiquer et de faire des […]

  2. Missmath Dit

    Les statistiques du SRAM démontrent que les devoirs ont une importance significative dans la réussite des étudiants au Cégep.

    En tant que parent, les devoirs me permettent d’aider mes enfants à mieux apprendre, à mieux les encadrer, à mieux leur apprendre à gérer leur étude et leur temps.

    Évidemment, il faut un certain équilibre et l’école doit permettre aux enfants d’avoir du temps pour eux, pour faire du sport, pour faire des activités parascolaires, pour faire des activités familiales. Cela est crucial… mais si souvent tout ce temps est gaspillé.

    .-= Missmath’s last blog ..Ordinateur personnel: y tenir ferme =-.

  3. Marielle Potvin Dit

    Attention, Missmath!

    Il est un piège dans lequel il ne faut pas tomber. En tant qu’enseignante, et au secondaire, si je devine bien, il pourrait être tentant de comparer votre horaire familial avec celui de l’ensemble des parents qui arrivent du travail pas mal plus tard que les enseignants.

    Je vous invite à considérer une solution de rechange en lisant le billet que j’ai écrit à ce sujet. Parce qu’à plusieurs, on finira bien par trouver ce qu’il conviendrait mieux d’adopter comme solution.

    Titre du billet: Par devoir…

    Marielle Potvin

    .-= Marielle Potvin’s last blog ..Le désordre alphabétique =-.

  4. […] Il sera encore possible de s’amuser en famille les week-ends d’automne mais malheureusement, l’orgie de devoirs va venir bousiller les plans familiaux, à chaque fois. Les professeurs des écoles publiques (et de plusieurs écoles privées ne desservant pas l’élite) étant encore bornés à surcharger les élèves de devoirs, la plupart des familles vont devoir composer avec ce fléau qui ne contribue même pas au développement des élèves. […]

  5. Eve Duceppe Dit

    Je suis une enseignante qui considére que les devoirs ne sont pas nécessaires. Avec le style de vie que l’on mène actuellement, il est difficile pour plusieurs parents de superviser les devoirs, tout en offrant du temps de qualité à leurs enfants après l’école. D’autant plus que beaucoup d’enfants font leurs devoirs au service de garde. Alors, est-ce vraiment les parents qui les supervisent ?

    Je crois qu’on y est allé un peu fort en mettant le blâme sur les enseignants incompétants et les syndicats, comme raison première de la continuité des devoirs. Je crois plutôt que les devoirs font partie d’une croyance populaire, selon laquelle cet exercice est nécessaire.

    Lorsqu’il est question d’école d’élites, comme cela est présenté dans l’article : Les devoirs sont-ils vraiment utiles… Je me questionne : Est-ce que les enseignants y sont plus compétants ou n’est-ce pas les parents qui soutiennent les enfants, qui fait en sorte que les élèves réussissent ?

    Dans les écoles plubliques ou encore privées, il n’y a pas plus d’incompétants qu’ailleurs. Il faut savoir que plusieurs des élèves que je cotoie, ne reçoivent pas les soins de base dont ils ont besoin. Je pense ici par exemple, à manger et dormir. Alors, ils ne reçoivent pas l’attention nécessaire pour faire leurs devoirs … ou tout simplement pour réussir l’école

    Je considère que l’argument selon lequel les enseignant(e)s du sercteur privé ou publique, étant moins compétants que ceux des écoles d’élite ainsi que le syndicat, faisant en sorte qu’on continue de donner des devoirs, ne tient pas la route. C’est un préjugé ! Je pourrais dire que puisque je suis compétente, je n’ai pas besoin que mes élèves soient des élites pour le reconnaître. Je sais que mon travail permet à plusieurs de mes élèves de recevoir les soins dont ils ont besoin. Cela ne dépend pas des devoirs. C’est l’attention que je leur porte lorsqu’ils sont tristes ou perturbés, parce qu’ils vivent des problématiques difficiles, qui fait toute la différence.

    Alors, les véritables incompétants se retrouvent peut-être dans les écoles d’élite. Il y est facile d’enseigner puisque les élèves sont bons. Les devoirs ne faisant ainsi aucune différence.

    Il faut se poser de vraies questions, de manière scientifique afin de trouver des solutions différentes pour soutenir l’éducation au Québec, non pas véhiculer des préjugés !

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