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Les devoirs en tant qu’accélérateurs de tensions

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Il existe encore des enseignants, au Québec qui se bercent d’illusions en croyant que les devoirs à la maison font partie des “solutions” pour contrer le décrochage et aider les élèves à mieux comprendre la matière… à force de la réviser.

L’approche des devoirs à la maison, le soir, ne tient pas la route.

Premièrement, les taux de décrochage au secondaire avoisinnent encore les 40% chez les garçons et les 25% chez les filles alors si les devoirs fonctionnaient si bien que ça, on n’obtiendrait pas d’aussi piètres scores, à ce chapitre.

Deuxièmement, les devoirs mènent à une perte d’estime de soi parce qu’au fond, ce n’est jamais assez et pour les compléter, ces fameux devoirs, l’enfant doit faire une croix sur SA VIE, le soir, à la maison. Cette tension s’étend aussi à toute la famille et de l’obligation d’insérer les devoirs dans une routine du soir déjà très remplie, naissent d’énormes problèmes familiaux qui mènent, trop souvent, à des divorces.

C’est tout simple à comprendre. Si les soirées sont déjà remplies avec le souper, un moment pour se détendre, les bains et ensuite, la routine du dodo, ajouter des devoirs équivaut à foutre le bordel dans une mécanique familiale vulnérable.

Pas surprenant qu’avec leurs devoirs LARGEMENT INUTILES, les enseignants du Québec contribuent autant aux problèmes familiaux et même, aux divorces. Imaginez les torts faits aux enfants alors que les enseignants leurs VOLENT leur temps à eux, le soir… en plus de provoquer tellement de tensions intenables que ça finit par briser leur famille.

Les enseignants aimeraient mieux qu’on se taise et qu’on souffre en silence mais la mauvaise plaisanterie des devoirs a assez duré et c’est le temps d’y mettre fin. NON AUX DEVOIRS. Qu’importe les arguments des enseignants, les devoirs ne sont PAS la réponse aux problèmes des élèves d’aujourd’hui. Pire, les devoirs ne font qu’empirer les problèmes!

Avec un maximum de devoirs, à tous les soirs, nos enfants…

  1. Font beaucoup moins d’activité physique (surtout en hiver où là, ça tombe presque à zéro);
  2. Ne mangent pas bien (parce que les parents sont chahutés et doivent se résoudre à faire cuire des nouilles ou des croquettes… on est loin des beaux repas mijotés… sans parler du fait que les enfants sont SUPER-DIFFICILES en ce qui a trait à la nourriture);
  3. Deviennent plus facilement malades parce qu’il y a beaucoup moins de temps pour s’occuper de leur santé… il n’y a que du temps pour… les devoirs;
  4. Perdent leur estime d’eux-mêmes parce qu’ils n’ont presque plus de temps pour leurs projets personnels et donc, s’ils ne se réalisent pas à l’école, ils risquent d’avoir de la difficulté à s’accepter en tant qu’enfant qui “sert à quelque chose… dans quelque chose”;
  5. N’arrivent plus à GÉRER LEUR TEMPS PERSONNEL parce qu’à l’école, c’est comme dans l’armée avec des horaires strictes et rendus à la maison, c’est l’école qui contamine encore tout ce qui DOIT SE PASSER pour que les devoirs soient dûment complétés;
  6. Ne voient plus leurs amis en semaine parce que les devoirs neutralisent toutes les tentatives de socialisation hors-école;
  7. Ne peuvent plus faire d’activités avec leurs parents (ou les membres de leur famille) parce que les devoirs prennent trop de temps à faire et ça tue les opportunités de faire “autre chose”;
  8. Perdent leurs opportunités d’avoir du temps de qualité avec leurs parents qui peinent à tout faire dans la maison EN PLUS DES DEVOIRS et qui, finalement, ne voient plus leurs enfants à part pour essayer de comprendre une matière que l’enseignant est supposé être payé pour transmettre, comme il se doit… le jour, en classe.

Que ce soit clair, ce sont les enseignants du Québec qui ont COULÉ leurs devoirs, à eux, en refusant d’actualiser leur doctrine quant aux devoirs le soir, à la maison — il est temps d’en finir avec cette charge indue de travail stressant et “non-supervisé par un enseignant”.

D’un côté, les enseignants commandent un GROS SALAIRE en prétextant que c’est exigeant d’enseigner à nos enfants et à la première chance qu’ils ont, ils vomissent des quantités gênantes de travail, à faire le soir, dans la cour des parents. Bravo pour la cohérence!

Les parents, eux, ne connaissent pas la matière à apprendre ou du moins, pas comme les enseignants. Dire que “les enfants savent ce qu’ils ont à faire” est un argument bidon parce qu’au moindre questionnement, ce sont les parents qui sont appelés, en renfort, pour “comprendre” les devoirs… afin de les terminer.

Ce transfert de RESPONSABILITÉS (des enseignants vers les parents) sans le transfert de CONNAISSANCES (ou de compétences pour “affronter les devoirs”) mène directement à la catastrophe, soir après soir… incluant les week-ends.

Soit les devoirs sont tellement faciles que n’importe quel parent peut tout comprendre et alors, on pourrait diminuer le salaire des enseignants de moitié parce que ça ne prends pas leur présence pour tout comprendre, soit ça prend réellement des enseignants qualifiés et là, il faut maintenir leur salaire. En imposant des devoirs, les enseignants disent, implicitement, que la matière peut être enseignée par n’importe qui, incluant des parents qui ne reçoivent aucune aide pour assister leurs enfants dans leurs tâches, le soir, à la maison.

Nos enseignants doivent mettre fin aux devoirs afin de laisser l’école, à l’école et ne pas contaminer la maison des enfants avec des obligations largement irrecevables.

Un enseignant RÉELLEMENT COMPÉTENT ne donne pas de devoirs parce qu’il sait que la matière se transmet mieux à un enfant intéressé, motivé et reposé, pendant le jour (jamais le soir… parce que l’enfant ne retient qu’une toute petite part de ce qu’il “apprend”).

Cet enseignant compétent, dans un environnement sans devoirs, comprend mieux les difficultés de chacun car il supervise directement les moments d’apprentissage et ne déverse pas ses responsabilités sur les épaules des parents… sachant très bien que ce serait malhabile d’agir ainsi puisque les parents ne sont PAS des enseignants.

Les enfants méritent des enseignants réellement compétents pour les accompagner dans leurs apprentissages scolaires.

Cet apprentissage doit avoir lieu le jour, à l’école.

Si un enfant veut lire un manuel scolaire, pas de problème mais ça doit TOUJOURS avoir lieu sur une base volontaire. L’enseignant doit être tellement bon pour passer sa matière qu’il doit trouver le moyen d’enflammer l’imagination des enfants au point où ils auront le goût d’en savoir plus, le soir venu.

En ce moment, on voit passer une rivière de devoirs sans intérêt qui sont cumulés les uns sur les autres au point de n’être que des obstacles à une vie de soir enviable, pour les enfants et leur famille.

Les parents doivent s’opposer aux devoirs et les enfants aussi.

Les enseignants du Québec n’ont pas encore compris, pour la plupart, que les devoirs sont un cancer qui détruit les enfants, les familles et la société.

Si on enlève le plaisir à décompresser de notre journée, le soir, quel temps reste-t-il aux enfants pour “décrocher de l’école”? Justement, il n’en reste à peu près plus alors dès qu’ils en ont l’occasion, les enfants qui refusent cette dictature des devoirs à la maison décrochent, pour vrai. C’est horrible tout le tort que les enseignants font à notre société en s’accrochant à leur doctrine empoisonnée des devoirs à tout prix… à la maison.

Toutes les familles “normales” du Québec vous le diront, les devoirs causent un tort incalculable à la vie de famille, le soir, à la maison.

Pourquoi tolérer les devoirs qui entrent dans nos maisons et qui y piétinent nos beaux moments magiques? Il faut arrêter de toujours laisser l’école venir faire la loi dans nos maisons, le soir. Ce sont NOS MOMENTS DE FAMILLE et ça, c’est bien plus important que n’importe quel devoir!

S’il est une chose qu’il faut faire dans nos maisons, c’est de faire diminuer la tension pour que tout le monde puisse apprécier ce havre de paix pour relaxer et… se retrouver.

Le premier moyen pour faire baisser la tension doit être de signer l’arrêt de mort des devoirs, à la maison. Ça n’a plus de sens et ça ne peut plus durer… les enseignants n’auront qu’à devenir aussi bons que leur salaire le suppose.

Il en va de l’avenir de nos enfants. Laissons-les rêver, se découvrir et s’aimer, à leur rythme et selon leurs préférences personnelles, un soir à la fois… sans les devoirs, à la maison.

1 commentaire
  1. Louis Dit

    Bonjour,

    Je suis moi-même enseignant (assez jeune, environ 5 ans d’expérience) et je veux défaire certains mythes de ce billet.

    1- “les enseignants commandent un GROS SALAIRE en prétextant que c’est exigeant d’enseigner à nos enfants”

    Si je me compare à mes amis qui ont des diplômes universitaires comme moi, ils font tous un meilleur salaire que moi en plus d’avoir une possibilité de négocier leur salaire selon leur performance. Et j’ai un salaire plus bas que d’autres qui n’ont qu’un diplôme d’étude collégial. Je pense bien gagner ma vie, mais je ne fais pas un gros salaire (et je prendrai encore environ 9 ans, soit 14 ans d’expérience, pour atteindre le sommet de l’échelle salariale.

    2- “les taux de décrochage au secondaire avoisinnent encore les 40% chez les garçons et les 25% chez les filles alors si les devoirs fonctionnaient si bien que ça, on n’obtiendrait pas d’aussi piètres scores”

    Il y a des dizaines d’autres facteurs, le premier étant probablement le sous-financement de l’école public. Lorsqu’un élève est en difficulté, les ressources sont très limitées et des choix doivent être faits. L’an passé dans une classe régulière de 28, j’avais le tiers des élèves en difficultés. J’avais des services extérieurs d’aide 1h15 par 2 semaines pour un maximum de 4 élèves à la fois, et c’est mieux que ce que j’ai vécu dans d’autres écoles.

    3- “Un enseignant RÉELLEMENT COMPÉTENT ne donne pas de devoirs parce qu’il sait que la matière se transmet mieux à un enfant intéressé, motivé et reposé, pendant le jour”

    Idéalement oui, mais il faut des enfants intéressés, motivés ET qui écoutent. Dans un cours de 75 minutes, je peux perdre facilement 10 à 15 minutes à faire de la discipline dans un groupe régulier, des fois à cause de 2 ou 3 individus. On veut à tout prix intégrer les élèves en difficultés, mais on a très peu souvent l’aide pour compenser. Les parents de ces élèves sont souvent aussi dépassés.

    Vous voulez régler le décrochage scolaire?
    * Augmenter les services dans l’école public (plus de personnel pour soutenir les élèves en difficulté).
    * Éliminer les subventions à l’école privée pour récupérer les bons élèves qui stimulent leurs camarades (et ces élèves coûtent très peu d’argent puisqu’ils sont très performants).
    * Diminuer le ratio des classes (1 enseignant pour 30 élèves et plus, cela ne laisse pas de temps pour aider individuellement les élèves ou rend certains projets plus difficile à réaliser).
    * Permettez aux élèves d’avoir plus de liberté dans leur étude, par exemple en ayant de l’éducation physique plus souvent au lieu de cours d’arts plastiques si c’est ce qui les stimule.
    * Instaurez un système de surveillance des enseignants (oui, je serais pour un ordre professionnel, puisque plusieurs enseignants jeunes comme moi attendent des années alors que des enseignants en poste fournissent peu d’efforts.

    Le jour où je pourrai passer 75 minutes par cours à enseigner car les élèves avec des troubles de comportements seront gérés par du personnel et les élèves en grandes difficultés recevront des services personnalisés, j’arrêterai de donner les devoirs. D’ici là, je continuerai à aider les élèves forts en donnant des devoirs (normalement, un maximum de 15 à 20 minutes par cours, donc 1 heure par semaine). Car oui, ce sont les élèves moyens à forts que j’aide, ceux qui ont des 40% et moins ne les font pas de toute façon, mais je dois les traiter équitablement.

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