Des sacs d’école toujours trop lourds

6 482

Même après avoir dressé un bilan peu reluisant du recours à des sacs d’écoles boulimiques dans les écoles du Québec, il semble que le système scolaire ne se dompte pas et reviendra, cette année encore, à la charge avec des sacs d’écoles si lourds qu’ils risquent d’endommager, à nouveau, la santé du dos de nos enfants!

On dirait ce constat sorti tout droit d’un roman de science fiction macabre où les administrateurs scolaires feignent de ne pas se rendre compte que les proverbiaux “sacs de briques” causent un tort, parfois irréparable, à tous les élèves qui sont forcés de les trimbaler.

À l’approche de la rentrée scolaire 2008, l’Association des chiropraticiens du Québec (ACQ) tient d’ailleurs à rappeler aux écoliers que le port inadéquat du sac à dos augmente les risques de contracter des problèmes au dos, sans parler de toutes les autres complications.

Puisque les os des jeunes ne sont pas tout à fait formés, une pression trop grande sur leur dos peut entraîner une mauvaise posture ou pire, une déformation de la colonne vertébrale.

La règle générale veut qu’un sac d’école ne doive jamais dépasser 10% du poids de l’enfant alors si vous petit amour, en 2e année, pèse 60 livres, il ne devrait jamais trimbaler des charges de plus de 6 livres.

Pourtant, presque toutes les écoles québécoises bafouent ces proportions en surchargeant les enfants de travaux à faire à la maison… à l’aide de gros livres (jamais divisés en chapitre “détachables”).

Bien entendu, au-delà de cette règle élémentaire, il faut ajuster correctement les bretelles, porter le sac comme il se doit (bien appuyé sur les deux épaules) et répartir intelligemment la charge, avec les livres les plus lourds placés les plus du dos.

Dans le cas où un enfant porte son sac à dos à l’aide d’une seule bretelle, sur une base régulière, il force les muscles de sa colonne vertébrale à compenser ce poids réparti inégalement dans son dos, augmentant du même coup les risques de blessures, souvent permanentes.

Handicaper nos enfants pour la vie ne devrait -pas- faire partie de la mission première des écoles.

Pourtant, chaque fois que les professeurs font le choix d’acheter des livres mal conçus (sans petits modules facilement détachables pour en reduire dramatiquement le poids lors des transits) et qu’il omettent de se concerter, entre eux, pour éviter les surcharges, il y a un manque grave qui ne peut pas être tolérés par les parents qui veillent à la bonne santé de leurs enfants.

Même si de nombreuses directions scolaires ne prennent pas ce problème de santé publique au sérieux, la nature permanente des blessures induites par des sacs d’écoles trop lourds devrait les exposer à de coûteuses poursuites et même, à des recours collectifs car, encore une fois, il ne semble y avoir que les poursuites judiciaires aux lourdes conséquences financières qui font réfléchir ces individus en position d’autorité qui n’exercent manifestement pas leur meilleur jugement et conséquemment, mettent en danger la santé des enfants qu’ils sont censés protéger… et instruire.

Voyez à la santé du dos de votre enfant parce qu’il semble que de trop nombreux professeurs, eux, n’y prêteront aucune attention.

Tags: sacs d’école, sacs à dos, maux de dos, scoliose, déformation de la colonne vertébrale, stress, fatigue, blessures aux articulations, enseignants, directeurs, meq, devoirs, livres, briques, acq, chiropraticiens, québec, écoles, santé publique

6 commentaires
  1. Catherine Dit

    De façon générale, je suis d’accord avec vous pour dire que les sacs d’école sont souvent trop lourds. Oui, les enseignants doivent en prendre note. Oui, il se peut parfois que ce soit de leur faute.

    Par contre, je tiens à préciser que beaucoup d’enfants amènent un surplus d’effets à la maison de par eux-mêmes parce qu’ils n’ont pas tout ce qu’il faut à la maison (crayon de couleur, ensemble de géométrie). Sans compter les parents qui ne voient pas au jour le jour aux travaux des élèves, ce qui fait qu’ils doivent rapporter à la maison leurs manuels le lendemain…

    Accuser en masse les enseignants est un peu trop facile.

  2. cgelinas Dit

    Merci d’avoir pris le temps de répondre, Catherine!

    Lorsqu’un élève prend du retard dans ses devoirs, il semble clair qu’une aide spéciale devrait lui être accordée pour corriger rapidement cette situation — ça prends des ressources mais il faudrait (quand même) le faire.

    Du reste, tous les parents ne sont pas outillés de manière égale pour assister leurs enfants et c’est pourquoi je suis un fervent défenseur d’une école sans devoirs. Il pourrait y avoir des lectures suggérées mais l’essentiel de l’apprentissage scolaire aurait lieu pendant les heures d’écoles.

    Ça règlerait —en totalité— la problématique des sacs d’école trop lourds.

    Évidemment, il faut voir à instituer un climat d’excellence (bien compris par tous) pour réussir, sans avoir recours aux devoirs.

    Mais bon, vous avez raison. Il s’agit d’une problématique plus complexe qu’il n’y paraît. Ceci dit, je suis d’avis que les professeurs (appuyés par leurs directions, idéalement) peuvent encore contribuer à alléger les sacs d’école — par exemple en n’achetant que les manuels scolaires avec des chapitres détachables (ça ferait une ÉNORME différence).

    Ce qui importe plus que tout, en ce qui a trait au poids des sacs d’école, c’est de voir à la santé et au (véritable) bien-être de nos enfants.

  3. Catherine Dit

    Votre billet m’a fait réfléchir à ma pratique en ce qui concerne les devoirs et les leçons. J’en viendrai peut-être prochainement à un billet concernant toutes les manières possibles pour rendre le sac d’école plus léger.

    Contrairement à vous, je ne suis pas d’accord avec une école sans devoir. Humm.. J’entre ici peut-être dans un débat houleux! 🙂 Personnellement, je crois bénéfique cette relation d’aide parent-enfant (ou frère/soeur-enfant). Non, ce n’est pas tous les parents qui sont outillés pour le faire. Oui, l’école devrait donner beaucoup plus d’aide aux parents. Juste le fait de te faire expliquer les choses par une autre personne, dans une relation plus personnelle, c’est très instructif pour l’enfant. En plus, ça permet aux parents de savoir où est rendu l’enfant, lui permet de l’aider dans son cheminement scolaire.

    Mais bon, je m’éloigne du sujet. Concernant les manuels scolaires avec des chapitres détachables… Je n’en connais pas des tonnes. C’est à vous de faire pression aux maisons d’édition. Parce que sinon, nous avons le choix: Prendre “les bons manuels” pour la santé du dos ou prendre “les bons manuels” pour l’apprentissage de votre enfant.

  4. cgelinas Dit

    Vous soulevez (encore) plusieurs excellents points, Catherine!

    En ce qui concerne votre idée de mettre de la pression sur les éditeurs pour qu’ils publient des manuels scolaires avec de “petits modules détachables”, c’est une excellente idée.

    J’invite d’ailleurs tous les lecteurs à faciliter la vie des professeurs (qui doivent choisir leurs manuels scolaires) en mettant, eux aussi, de la pression sur les éditeurs pour qu’ils changent les formats de leurs manuels (afin qu’ils soient moins lourds à transporter).

  5. […] scolaires pesant entre 16 et 24 livres dépasse de 320% à 480% le poids maximal de 5 livres que son petit dos peut supporter sans […]

  6. […] qu’il y ait des devoirs) mais non, ça semble trop compliqué à implémenter. Alors, les scolioses du dos vont continuer à faire souffrir des milliers d’enfants, d’un bout à l’autre du […]

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

id odio mattis sed elit. ut Praesent Aliquam facilisis mi, Phasellus efficitur.