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Les enfants de la réforme seront-ils prêts pour le CEGEP?

Nous n’avons pas fini d’entendre parler de la réforme de l’éducation parce que les CEGEPs s’inquiètent du niveau scolaire de la première génération qui en est issue -et- qui doit arriver dans deux (2) ans.

Il semble que le réseau collégial québécois n’arrive pas à avoir une idée précise des connaissances et des compétences que ces étudiants auront acquises au moment de leur arrivée au CEGEP.

Le ministère de l’Éducation n’a pas encore tenté de rassurer les CEGEPs à ce sujet.

Alors que les étudiants qui ont grandi avec la réforme entreprennent leur nouveau cours de maths de 4e secondaire, qui détermine souvent l’éventail des programmes qui leurs seront accessibles une fois arrivés au CEGEP, les directions des collèges restent dans l’ombre concernant le profil des étudiants formés dans le cadre du Renouveau pédagogique.

Au moment d’écrire ces lignes, les CEGEPs ne savent même pas s’ils devront ajuster leurs systèmes pour accomoder le réel niveau de connaissances de ces élèves! Il y a de quoi s’inquiéter…

La préoccupation des États généraux de l’éducation (tenus en 1995) qui ont pavé la voie à cette importante réforme pédagogique était précisément de rehausser le niveau scolaire des élèves — avant même l’arrivée des étudiants de cette réforme, on constate déjà une inquiétante croissance du nombre d’élèves nécessitant un soutien particulier dès leur arrivée, au CEGEP.

Avec la montée en force de l’internet, la qualité des bibliothèques et la richesse des expériences d’apprentissages offertes aux élèves du Québec, il faudrait cependant demeurer optimiste car notre génération montante, même si elle connaît son lot de défis, a prouvé sa soif d’apprendre.

Ce qui apparaît -réellement- préoccupant, à ce point-ci, c’est de constater qu’au ministère de l’Éducation, il ne semble pas y avoir de suivi serré du niveau de compétences acquises par les enfant de la réforme VS ceux qui les ont précédé.

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La réussite des mathématiques 514

En cinquième secondaire, l’élève doit réussir ses mathématiques 514 pour obtenir son diplôme d’études secondaires, essentiel pour accéder à un programme de DEC.

Entre 2006 et 2007, la proportion des étudiants québécois de 5e secondaire qui ont résussi le cours de mathématiques 514 a chuté abruptement, de 81,6% à 69,2%.

Qui plus est et malgré le fait que ce soit un cours de base pour obtenir le diplôme d’études secondaires, les élèves ont obtenu une moyenne passablement timide de 64,4%. Les élèves de 4e secondaire n’ont pas fait beaucoup mieux avec une moyenne de 69,6%.

La situation est préoccupante et on peut se demander si l’enseignement des mathématiques au secondaire n’aurait pas besoin d’être revue afin de rendre la matière plus digeste car, à l’évidence, la méthode actuelle ne fonctionne pas bien.

Des résultats aussi bas en mathématiques devraient sonner l’alarme au ministère de l’Éducation mais y a-t-il seulement quelqu’un avec assez de jugement, là-bas, pour apporter les correctifs nécessaires?

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Dire non aux devoirs à la maison

Les enfants de 7 à 15 ans se font voler leurs moments de liberté par une charge inutile de devoirs et de leçons.

Le portrait actuel est inquiétant…

Surchargés, comme des mulets, les jeunes élèves québécois trimbalent une collection de livres qui, par leur format, prédispose à des problèmes de santé majeurs. Ce serait si simple de diviser les gros livres en une vingtaine de plus petits livres faciles à utiliser individuellement mais bon, ça semble trop compliqué pour les éditeurs et les enseignants qui continuent de commander les « gros formats », trop lourds pour des enfants.

Une fois arrivés à la maison, après une longue journée à l’école, ces élèves « porteurs de livres » ne peuvent pas exercer leur bon jugement pour faire usage de leurs temps libres puisque les enseignants, avec la complicité des directions scolaires, les condamnent à s’asseoir pour étudier.

Pourtant, ce serait bien plus intéressant pour un jeune élève de meubler lui-même son temps de liberté, après l’école. Il y a quelque chose de pervers avec l’idée même de donner des devoirs parce que ça suppose que les enfants sont incapables de bien utiliser le temps libre qui leur incombe, de plein droit. Dans les faits, seuls une minorité d’enfants ayant des troubles documentés ne sauront pas comment faire un bon usage de leurs temps libres.

La majorité des jeunes élèves, laissés à eux-mêmes après l’école, en profitent pour faire des choses qu’ils aiment et qui, somme toute, ont une importante valeur éducative.

Par exemple, lorsqu’ils ont congé de devoirs, les enfants socialisent avec les jeunes voisins en jouant dehors ensemble, tout en prenant l’air. D’autres jeunes participent à des activités avec le reste de la famille ou un parent, ce qui est également très important pour souder le noyau familial. Il y a aussi ces jeunes élèves qui se passionnent d’un domaine, comme la lecture, les arts, les métiers ou les sciences.

Ainsi, les jeunes élèves savent meubler leur temps à eux et les devoirs, créés pour forcer la révision de la matière déjà évoquée en classe, n’offrent qu’une faible valeur ajoutée puisqu’ils ont lieu dans un milieu probablement moins propice à l’enseignement que l’école, ne sont pas supervisés par un enseignant compétent, créent des tensions avec les parents et empêchent l’enfant de se coucher plus tôt.

Tous ceux qui ont déjà étudié le soir, après une longue journée d’école, savent que la matière ne « rentre » pas aussi bien que le jour et c’est parfaitement normal parce que le soir, nous sommes tous fatigués.

Les devoirs n’ont pas leur place -si- l’enseignement offert est de premier ordre, durant le jour. D’ailleurs, de nombreuses écoles d’élite ne donnent aucun devoir sauf dans le cas des « périodes de révision » (supervisées par les enseignants) pendant 45 minutes, après les cours.

Vu sous cet angle, on pourrait dire que les écoles publiques québécoises, où se multiplient les devoirs à faire à la maison, sont un reflet de l’incompétence grossière des enseignants qui sont incapables de transmettre leur matière pendant les périodes qui leur sont allouées.

Il est inconcevable que nos enfants aient à traîner des devoirs à la maison alors que les travailleurs, eux, peuvent quitter le bureau la tête tranquille. Il y a là une profonde injustice et les enfants eux-mêmes ne doivent pas être les seuls à la dénoncer, les parents aussi doivent contraindre leur école à mettre fin aux devoirs pour imiter les écoles d’élite et bonifier la qualité des cours, dans les périodes allouées.

À la limite, des leçons d’appoint peuvent être suggérées mais jamais exigées. L’attitude devrait être pour l’élève d’y trouver une question à poser à l’enseignant qui permettrait de mieux comprendre la matière plutôt que de forcer l’élève à tout apprendre par cÅ“ur.

D’ailleurs, il faut se faire à l’idée qu’à la fin d’une journée, tout humain normalement constitué oublie environ 80% de tout ce qu’il a appris. C’est comme ça. L’humain est ainsi fait alors les enseignants qui se crêpent le chignon à savoir qui donnera le plus de devoirs (pour avoir les élèves les mieux instruits) se plantent, totalement, parce que les connaissances acquises « de soir » sont encore moins susceptibles d’être retenues que celles de jour — il y a là un constat particulièrement cinglant contre la logique même des devoirs.

Il y a d’autres façons de responsabiliser un élève. Les devoirs ne sont pas la panacée que certains tentent de nous « vendre », à grand coups de discours vides qui ne prennent pas l’intérêt réel de l’enfant comme enjeu central mais bien leur propre incompétence qu’il faut cacher en pouvant, le moment venu, blâmer les difficultés scolaires d’un élève sur le fait qu’il n’a pas assez étudié, même si la quantité d’heures d’études n’a rien à y voir (c’est le vieux débat « quantité VS qualité »). Lorsqu’un élève a des difficultés, le premier coupable, c’est l’enseignant qui n’a pas su communiquer sa matière de façon engageante avec cet élève et disons-le, ce professionnel est payé pour -réussir- cette tâche.

Notre train de vie moderne va trop vite, il n’y a plus de place pour les devoirs et ceux qui en paient le plus fort prix, ce sont nos enfants. Il faut les laisser flâner, au sens propre et au plan intellectuel pour leur donner le temps de faire fleurir leur imagination et aussi pour qu’ils aient le temps de se connaître, eux-mêmes.

Les élèves doivent être considérés comme les clients du système d’éducation québécois et à ce titre, ils méritent tous le meilleur niveau d’enseignement qui soit. C’est d’ailleurs une tragédie que les écoles d’élite du Québec, habituellement privées ou ultra-privées, soient celles qui ont les programmes d’enseignement les plus efficaces et ce, sans les devoirs!

En ce moment, dans le système d’éducation publique du Québec, il y a des armées de fonctionnaires bien intentionnés mais plus ou moins intéressés à voir chaque élève réussir selon son parcours particulier. Pour ces fonctionnaires qui n’ont apparemment aucune idée de l’importance de former l’élite de demain, qui devra concurrencer les meilleurs aux États-Unis, en France, en Chine et Inde, les élèves sont en quelque sorte leurs esclaves qui doivent dire « oui » à toutes leurs demandes, notamment en ce qui a trait aux devoirs. Mais il là, le drame parce qu’avec des enseignants « bureaucratisés » et terrés dans leurs vieilles habitudes, on enlève le goût de l’école aux enfants. Les conséquences d’un tel désintérêt dépassent largement l’individu et touche de manière directe toute la famille puis, de manière très perceptible, toute la société.

Disons-le, les enseignants et les directions des écoles qui refusent de se battre pour les enfants (et non pour leur propre petit confort) ne sont pas les seuls à blâmer (et à sortir du « système »), il y a aussi les têtes vides du ministère de l’Éducation qui se pensent capables de dicter ce que doivent apprendre tous les élèves, niant ipso-facto l’individualité de chaque élève et leur relation privilégiée les professeurs. Il y a un gros ménage à faire, en éducation. De la tête aux pieds.

Les parents doivent, pour leur part, prendre tous les moyens nécessaires pour protéger leurs enfants contre l’abrutissement inutile engendré par les devoirs. Suivez l’exemple des riches qui forment leurs enfants pour constituer l’élite de demain. Faites comme eux et éliminez les devoirs à la maison à la faveur d’un enseignement de première qualité en classe couplé, lorsqu’utile, à une période supervisée de devoirs, à l’école.

Si d’aventure certains individus croient avoir réussi dans la vie grâce aux devoirs, grand bien leur en fasse mais ils ne sauront jamais ce qu’ils auraient pu devenir si, au lieu de gribouiller des feuilles de papier jusqu’à 19h30 tous les soirs, ils avaient plutôt entrepris de découvrir ce qui leur plaisait vraiment.

Le message est clair: dites NON aux devoirs.

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Explosion du nombre d’écoles privées

Nouveau symptôme de la perte de vitesse de l’école publique, le nombre d’établissements d’enseignement entièrement privés explose, au Québec.

La situation semble inquiéter la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne qui constate que de plus en plus de parents sont prêts à se serrer la ceinture pour envoyer leurs enfants dans ces établissements où l’on facture jusqu’à 20k$ par année.

Alors que les écoles privées « conventionnelles » sont financées à hauteur de 60% par le gouvernement du Québec, ces nouvelles écoles ultra-privées refilent la totalité de la note aux parents des élèves. On peut donc dire de ces écoles qu’elles sont privées, à 100%.

Alors que le Québec comptait 78 institutions d’enseignement de ce genre en 2005, ce nombre a grimpé à 100 au cours de l’année scolaire 2007-2008, ce qui représente une hausse de 28%.

Le principal argument supportant une telle croissance du segment ultra-privé de l’éducation a principalement à voir avec un effondrement de la confiance des parents envers le réseau public.

Avec des professeurs épuisés, des directions fantoches (qui se font tout dicter par des commissions scolaires), des élèves désintéressés qui chahutent et dérangent les groupes sans oublier les graves problèmes de violence, les écoles publiques n’ont plus la cote des parents soucieux de voir au meilleur intérêt de leurs enfants.

Cette situation devrait enrager tous les contribuables du Québec qui sont forcés de payer des taxes scolaires plus élevées que jamais pour un service médiocre et clairement loin des standards de ces écoles ultra-privées.

Pourquoi nos écoles du réseau public sont-elles incapables de faire aussi bien que les écoles ultra-privées (ou privées)? C’est difficile à dire mais avec des commissions scolaires qui sèment la terreur dans les directions d’écoles, des professeurs continuellement en risque de tomber en « burn-out », leurs syndicats plus  revendicateurs que jamais et la pression grandissante des parents qui exigent des résultats, c’est clair que le réseau public va vers le précipice.

Plus il y aura d’écoles ultra-privées et privées, qui font passer des tests d’admission et qui ne choisissent que les meilleurs élèves, plus les écoles publiques se ramasseront avec… les autres, souvent moins forts —tout aussi charmants et merveilleux— mais moins forts.

Ajoutez les ratios irréalistes allant jusqu’à 35 élèves par classe au public contre un tout petit (et normal) 16 élèves par classes dans l’ultra-privé et jusqu’à 24 élèves dans le privé et on voit vite pourquoi les professeurs du réseau publique n’en peuvent plus.

Si l’on se fie aux réseaux ultra-privés et privés, ce n’est pas que la quantité d’argent investie pour former les enfants qui fait la différence mais bien la façon dont on l’utilise.

En ce moment, par laxisme ou indifférence, la ministre Courchesne laisse aller une dangereuse situation qui créé, de facto, une élite académique, au Québec. Le réel danger, c’est de creuser encore plus profond le trou dans lequel s’enfonce le système publique en tolérant les graves difficultés de l’éducation « pour tous », sans réel respect des besoins, des intérêts et des qualifications des enfants.

Déjà que la réforme scolaire est une catastrophe sur toute la ligne, voilà que la ministre Courchesne s’inquiète du nombre très élevé d’écoles ultra-privées, au Québec — elle devrait trouver ça pas mal plus grave qu’une simple « inquiétude ». Elle veut mettre en valeur les écoles publiques mais tant que ça ne ressemblera pas au programme des Écoles Vision (des leaders, en matière d’éducation aux enfants), les parents vont continuer de se saigner à blanc pour éviter le supplice de l’école publique à leur progéniture.

Ce que les statistiques ne disent pas, c’est que si les parents pouvaient choisir, ils enverraient presque tous leurs enfants au privé!

C’est très grave parce que le réseau publique ne livre pas la marchandise et lorsqu’on leur demande, aussi bien les directions d’écoles que les professeurs et leur lourd syndicat trouvent ça déplorable mais alors que le bateau coule au public, ça ne fait que donner des ailes à l’ultra-privé et au privé où se réfugient les parents qui en ont les moyens.

Il est temps qu’il y ait un très gros coup de barre qui se donne dans le réseau public et si ça signifie qu’il faut sortir les syndicats, fermer les commissions scolaires et redonner les pleins pouvoirs aux écoles, dirigées de manière collégiale par les enseignants et les parents d’élèves, avec une représentation étudiante et citoyenne, et bien soit, on devra le faire.

La recette actuelle, dans les écoles publiques, n’a plus la confiance des parents et il faut agir.

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