Payons-nous les professeurs trop cher, au Québec?

La question se pose, surtout à l’heure où ces salaires sont payés sur la proverbiale carte de crédit collective ou dit autrement, sur le dos de nos enfants et ceux qui les suivront.

Bien que les salaires des professeurs soient généralement gardés secrets, voici l’essentiel des chiffres crédibles qui ont été publiés, récemment:

  • Professeurs d’université, jusqu’à 120,000$ / année (plus la sécurité d’emploi absolue, 1 année sabbatique, la retraite graduelle avec travail à mi-temps et salaire à 100%, prime de départ d’un an de salaire si on ne prend pas de retraite graduelle, exonération des frais de scolarité pour ses enfants et plus, selon la charge impartie);
  • Professeurs au cégep, jusqu’à 70,000$ / année (plus la sécurité d’emploi et une myriade d’avantages liés à flexibilité de l’horaire, sans oublier les longues vacances de l’été); et
  • Professeurs du secondaire et du primaire, jusqu’à 65,000$ / année (avec la sécurité d’emploi, une fois embauché, avec de nombreux avantages dont la formation ponctuelle et la participation à de beaux congrès et bien plus).

En ce qui concerne l’université, il ne faudrait pas oublier les chargés de cours qui gagnent quelques 8,000$ par charge et comme un professeur peut avoir 4 charges par année, on peut penser que le salaire annuel de ces assistants oscille autour de 32,000$ / année. Toute une différence avec les salaires de professeurs d’université et ce, pour un travail à peu près égal.

Un professeur d’université qui accepte le poste de directeur du département recevra typiquement un somme supplémentaire de 9,000$ / année. Une bonification annuelle qui rapproche le salaire d’un professeur de celui d’un doyen qui gagne, au minimum, 135,000$ / année mais on est loin d’un salaire de vice-recteur qui commence à environ 170,000$ / année.

Les recteurs d’université, pour leur part, encaissent de très gros salaires annuels qui varient entre 400,000$ et 650,000$ /année… et plus, si l’on tient compte de tous leurs avantages sociaux.

Séchez vos pleurs si vous êtes tristes pour les salaires des administrateurs et directeurs des cégeps et des écoles secondaires et primaires, ils gagnent très bien leur vie. Habituellement bien au-delà de 50,000$ / année. Plus leurs nombreux avantages, incluant de longues vacances d’été.

Ça fait beaucoup d’argent à débourser annuellement pour une société qui est endettée jusqu’aux oreilles et qui n’a que sa « carte de crédit publique » pour défrayer ces coûts.

Quand on sait que ce sont nos enfants et les leurs qui vont payer pour ces salaires passablement étoffés, il importe de se demander où réside l’équité sociale.

Soyons clairs, plusieurs professeurs —tous niveaux confondus— méritent leur salaire mais il y en a d’autres, passablement plus médiocres, voire incompétents, qui collectent leur gros salaire sans faire de vague et sans valoir ce qu’ils nous coûtent, collectivement.

Les dirigeants syndicaux n’en finissent plus de nous faire pleurer sur le sort des « pauvres enseignants » qui sont « pris » pour enseigner à nos enfants. Avec les années, la plupart des gens ont réussi à lire entre les lignes et comprennent qu’il s’agit d’une longue campagne de propagande pro-syndicale destinée à mettre de la pression sur la partie patronale soit NOUS, le bon peuple qui paie pour ces gros salaires.

Dans un monde idéal, tout le monde gagnerait de très gros salaires pour leur labeur mais là, il va falloir se demander si on a les moyens de payer ça.

Et vous, croyez-vous qu’il serait opportun d’augmenter les salaires des professeurs, comme ils le réclament ou encore, est-ce qu’il ne serait pas plutôt temps d’évaluer si ce que l’on obtient, en services d’enseignement vaut le prix qu’on paie?

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