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Les devoirs en tant que cancer scolaire et social

Si vous faites quelque chose et que ça ne fonctionne pas, allez-vous continuer?

Bien sûr que non sinon ce serait de l’acharnement hautement contre-productif, pour vous et par extension, pour ceux qui vous côtoient. Une personne n’est jamais aussi malheureuse que lorsqu’il n’y a pas de sens à ce qu’elle fait ou « doit faire ».

Les devoirs, imposés aux élèves aussi tôt qu’en première année, dans le réseau des écoles publiques et privées (à part quelques exceptions), au Québec, ont l’effet d’un cancer sur notre réseau scolaire, d’une part et sur la société, de l’autre.

Ce n’est pas pour rien que tant d’enfants, de parents, d’enseignants compétents et de pédagogues responsables décrient les devoirs comme étant une punition cruelle pour masquer, en premier lieu, l’incompétence du professeur à « passer sa matière » et en second lieu, l’incapacité du système éducatif, dans son ensemble, à offrir un cursus académique « de jour », adapté aux réels besoins des enfants qui, comme les adultes, ont besoin de se reposer, en soirée, pour être capables de fournir une bonne performance, le lendemain.

C’est tellement évident et pourtant, l’armée de fonctionnaires au ministère de l’Éducation continue, pour faire image, à s’assommer dans le mur en pensant que le mur va finir par se tasser! Venant d’individus censés travailler dans le meilleur intérêt de nos enfants, l’obsession des mandarins du pouvoir, en éducation, pour les devoirs « obligatoires » prouve qu’ils n’ont rien compris au processus « normal » de transmission de la connaissance (et non la fameuse « Ã©valuation des compétences », sigh), au fonctionnement du noyau familial typique et à la société, en général.

À la base, il faut savoir qu’un humain normalement constitué et intelligent oubliera 80% de ce qu’il aura appris, au cours d’une journée. Ce pourcentage « d’oubli normal » grimpe à plus de 95% lorsque l’apprentissage a lieu en soirée ou à un moment où l’individu est plus fatigué. Ça en dit long sur les chances de succès d’une stratégie basée sur des « devoirs le soir », en revenant d’une longue journée passée à plancher, assis sur des bancs d’école.

Le gros bon sens, à lui seul, devrait torpiller, une fois pour toutes la théorie tordue voulant que les devoirs soient la panacée pour parfaire l’apprentissage. C’est une position férocement défendue par les syndicaleux et autres professeurs incapables d’enseigner correctement et qui, pour masquer leur incompétence plus ou moins déclarée, tentent de faire passer sur le blâme des parents qui, ô scandale, n’auraient pas correctement « accompagné leur enfant », lors de la « période de devoirs », devant avoir lieu chaque soir de semaine et chaque week-end, sans supervision académique ni formation préalable offerte aux parents.

Autrement dit, les devoirs, tels qu’ils sont forcés dans la gorge des enfants, en ce moment, au Québec, représentent une insulte suprême et protège le lot de professeurs carrément incompétents qui perdraient leur emploi s’il fallait les évaluer pour leur capacité réelle à passer le contenu éducatif durant les longues heures de classe imposées aux élèves qui, pourtant, sont à leur disposition, jusqu’à cinq (5) jours par semaine.

Mais il n’y pas qu’un noyau dur de professeurs incompétents et malveillants qui font la promotion active des devoirs, il y a aussi un océan de fonctionnaires aussi insignifiants qu’incapables de voir le tort de leur absolutisme en faveur des devoirs et qui conçoivent des programmes académiques où les devoirs doivent absolument être administrés tant la quantité de matière à voir dépasse ce qu’il est possible de montrer, en classe.

Ce n’est pas clair si ce sont les professeurs incompétents (ou désintéressés) ou les fonctionnaires déconnectés qui minent le plus les chances de nos enfants de réussir un véritable programme de transmission de connaissances mais une chose est certaine, à savoir que leur action combinée cause des torts irréparables à notre jeunesse.

Avec des taux de décrochage de 40% chez les garçons et de 25% chez les filles, en plus d’un épuisement généralisé de la population estudiantine, il ne fait plus de doute que la sonnette d’alarme a été tirée et qu’on soit rendu au point où des correctifs doivent être apportés à notre système d’éducation.

En enlevant les devoirs à faire à la maison, il est possible de penser à incorporer un petit 15 minutes à une demi-heure de devoirs activement supervisés, avant l’heure du dîner et entre 30 et 45 minutes, avant de partir pour la maison, en fin de journée. Mais lorsque l’enfant quitte l’école, il a sa soirée à lui. Il a terminé sa journée et il peut penser à aller jouer au hockey-bottine avec ses amis ou encore, investir du temps dans un projet qui le passionne.

Et les parents, en l’absence de devoirs, peuvent cesser d’essayer de jouer aux professeurs de « cours classiques » et ont ENFIN le temps de transmettre des connaissances qu’ils maîtrisent bien, dans une foule de domaines où ils se sentent en confiance pour faire progresser leurs enfants au lieu de s’auto-humilier sur une base permanente en essayant, tant bien que mal, de faire le même travail qu’un professeur qui, vu l’existence-même des devoirs, prouve de manière implicite qu’il n’a même pas été capable, lui-même, de bien passer la matière de son cours.

Sans les devoirs, fini les soirées où il est impossible de faire des activités en famille — à part les devoirs.

Dans un Québec où les soirées appartiennent aux enfants et à leur famille, l’imagination des uns et les passions des autres peuvent enfin fleurir, un bloc Légo à la fois et une marche en forêt à la fois. Il n’y pas que les devoirs, dans la vie. Les professeurs incompétents ne l’ont pas compris et les fonctionnaires du ministère de l’Éducation préfèrent tourmenter les enfants et leurs parents que de se rendre à l’évidence et constater leur échec, sur presque toute la ligne, avec la stratégie viciée, à la base, des « devoirs à tout prix » qui continue à nous ronger, tel un cancer qu’on ne traite pas.

Laissés sans surveillance, aussi bien les professeurs incompétents, ceux qui n’aiment pas les enfants et qui en ont marre de faire ce qu’ils font, que les fonctionnaires syndiqués jusqu’aux oreilles qui ne pensent qu’à leur prochain voyage à Cuba, peuvent causer un tort immense et largement irréparable à nos enfants, aux familles et à la société québécoise.

Hélas, c’est le pire qui est en train de se produire.

Les devoirs n’ont plus leur place, dans le Québec d’aujourd’hui. Les soirées doivent désormais appartenir aux enfants et à leur famille pour qu’il reste assez de temps pour équilibrer l’école dans l’écosystème social qui, lui aussi a son importance.

Au moment d’écrire ces lignes, nos enfants sont forcés de passer leur journée assis sur une chaise droite et une fois arrivés à la maison, ils sont encore forcés de passer de longues heures assis, la tête dans les nuages (parce que c’est NORMAL, à cette heure, de vouloir « déconnecter » de sa journée de labeur intellectuel) et le cÅ“ur malheureux de ne pas pouvoir faire autre chose.

Tant que les parents québécois choisiront de jouer le jeu des incompétents qui refusent de prendre leurs responsabilités d’enseignants à cÅ“ur en protégeant le temps libre des enfants, le soir, en passant la matière de jour au lieu de se bercer d’illusions en prétendant pouvoir les « parfaire », de soir, il y aura des profiteurs (enseignants et fonctionnaires) qui vont ambitionner et abuser des devoirs, poussant directement un nombre effarant d’enfants vers le décrochage scolaire ou une forme ou une autre d’épuisement ou de découragement.

Il existe bien sûr des parents qui n’aiment pas leurs enfants et qui vont continuer à se battre, bec et ongles, pour maintenir l’obligation formelle des devoirs mais heureusement, ils ne constituent pas la majorité. Ils parlent fort mais ils refusent de constater, froidement, l’ampleur de l’échec de leur approche, à la fois malsaine et même, malveillante.

Revenons à la base: choisissons collectivement ce qu’il y a de mieux pour nos enfants.

Terrassons le cancer des devoirs, le soir.

Faisons collectivement confiance à nos enfants. Laissons-les s’intéresser aux milles sphères de la vie qui ne sont jamais (ou rarement) abordées, dans nos écoles.

L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, qui se réalisent et qui ont une motivation naturelle pour un sujet qui les passionne. En redonnant leur temps libre à nos enfants, nous leur prouvons que nous croyons en eux. En les condamnant aux devoirs, nous donnons raison aux technocrates inhumains qui multiplient les règles tatillonnes qui sont censées encadrer chaque petite seconde de nos vies.

Ne laissons pas l’inertie nous scléroser et donnons à nos enfants le temps dont ils ont besoin pour se découvrir et du même coup, comprendre le monde autour d’eux afin que, le moment venu, ce soit plus facile, pour eux, d’y trouver leur place.

Aurons-nous le courage de miser sur nos enfants et non sur la doctrine obsessionnelle des devoirs? C’est à vous d’y voir…

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Liste des commissions scolaires du Québec

Vous aimeriez en savoir plus sur votre commission scolaire?

Rien de plus simple, retrouvez la vôtre, parmi les suivantes, pour ensuite consulter son site web. Vous y trouverez des renseignements sur les services d’éducation qui y sont offerts et bien d’autres informations ayant trait aux écoles, dans votre région.

Repérez d’abord votre région puis, ensuite, le nom de votre commission scolaire:

Que vous soyez un élève, un parent ou une personne intéressée à l’éducation, vous devriez vous intéresser aux travaux menés par votre commission scolaire.

Que ce soit pour faire changer des règles ou encore, pour améliorer l’expérience éducative pour tous les intervenants —et commençant avec les élèves— votre commission scolaire dispose de nombreux pouvoirs pour « personnaliser » l’offre éducative, dans votre coin du Québec.

Y a-t-il trop de commissions scolaires?

Oui… et non.

D’une part, ce serait tentant de dire qu’elles pourraient toutes être abolies et être remplacées par les bureaux de direction de chacune des écoles —individuellement ou via une autre formule « de groupe »â€” mais ce serait probablement un peu simpliste, vu l’ampleur de la tâche qui les attendrait.

D’autre part, les Québécois ont la chance de pouvoir s’impliquer dans leur commission scolaire.

Généralement parlant, en rapprochant les structures de contrôle de « la base citoyenne », le gouvernement se rapproche de ceux qui ont le plus d’intérêt à contrôler les destinées de cette structure administrative, souvent trop lourde et tatillonne qui pour faire contrepoids, nécessite l’injection de doses régulières et massives de gros bon sens, notamment via l’implication (gratuite ou non) de citoyens engagés.

Certes, il existe beaucoup de place pour l’amélioration des commissions scolaires du Québec mais leur structure « favorisant l’implication citoyenne » devrait rendre les gens davantage intéressés à en assurer la gouverne.

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Qui décide si les enfants sortent jouer dehors, par temps de grands froids?

Lorsqu’il fait très froid, les parents peuvent s’inquiéter —à juste titre— si l’école fera quand même sortir les enfants à l’extérieur, pendant la journée.

Tout le monde reconnaît l’importance fondamentale d’aller s’aérer à l’extérieur, au cours d’une journée d’école mais lorsque les températures tombent à -20, -25, -30, -35 et -40, ce n’est plus la même chose parce que les risques (pour les enfants mais aussi pour les ados et les adultes) dépassent les bénéfices.

Il semble qu’un grand nombre de parents mais aussi des employés des écoles, croient à tort que ce sont les commissions scolaires qui fournissent des directives non-négociables concernant les sorties à l’extérieur (pour aller jouer… ou grelotter, c’est selon) ainsi que leur durée (pouvant être aussi courtes que 5 minutes).

Et bien, si c’est la version que vous croyez, vous avez tort!

Après m’être entretenu avec quelques directrices générales adjointes de deux commissions scolaires de Québec, ces dernières décident si l’école ouvre normalement ou ferme, en cas de tempête (la fameuse décision habituellement relayée par les radios, le matin) mais en ce qui concerne les récréations, la décision reviendrait intégralement à la direction de l’école.

Le directeur de l’école a donc à choisir s’il fera sortir ses élèves et si oui, pour combien de temps.

Si les élèves doivent absolument sortir par temps froid, tel que l’a décidé le directeur de l’école (sans aucune pression, semble-t-il, de la commission scolaire), il appartient alors aux personnes assignées à la surveillance des élèves de décider si, par exemple, un élève gelé peut rentrer avant la fin prévue de la période de récréation, à l’extérieur.

On comprendra que si un « surveillant » refuse à un enfant qui dit avoir très froid de pouvoir rentrer pour se réchauffer, les risques de blessures augmentent très rapidement. Les engelures et l’hypothermie s’attaquent d’ailleurs avec virulence aux enfants (aussi jeunes qu’à la maternelle) qui restent trop longtemps à l’extérieur.

Sachant cela, si vous allez porter vos enfants à l’école le matin, ne vous gênez pas pour discuter de vos préoccupations avec le directeur de l’école car il décide, seul et sans devoir observer une quelconque directive, si les enfants sortent dehors, au cours de la journée.

Si vous ne voulez pas que votre enfant aille se faire geler dehors, au cours de la journée (souvent deux fois plutôt qu’une), dites-lui. Vous pouvez également l’appeler, au cours de la matinée si vous ne pouvez pas vous rendre à l’école, comme tel.

Les parents vigilants doivent surveiller tout particulièrement certains directeurs d’école qui prétendent devoir obéir à des directives strictes provenant des commissions scolaires car, comme vous le savez maintenant, ces directives n’existent pas ou du moins, pas officiellement — il y a pu y avoir, à un moment ou à un autre, un représentant de commission scolaire qui s’est exprimé sur la chose mais il importe de rappeler qu’il n’y a aucune directive « officielle » qui soit imposée aux écoles.

Les directeurs un peu trop adeptes des sports d’hiver et qui ne savent pas faire la différence entre leur propre résistance au froid et celle d’un enfant de maternelle doivent aussi être ramenés à l’ordre avant d’abuser de leur autorité et mettre les enfants en danger de souffrir d’engelures et d’hypothermie.

Évidemment, s’il fait trop froid et que vous avez des raisons de croire que votre enfant pourrait en souffir, gardez-le à la maison, un point c’est tout!

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Engagez-vous, qu’ils disaient!

Et non, il ne s’agit pas d’une pub de recrutement pour les forces armées mais bien d’une référence à la terrible crise de la main d’Å“uvre qui été censée survenir quand les professeurs « boomers » du Québec partiraient (en masse) vers une douce retraite.

La logique du ministère de l’Éducation, des commissions scolaires et des écoles allait dans le sens qu’il faudrait remplacer tous ces professeurs par du sang neuf — alors des milliers d’élèves de niveau universitaire on fait leur baccalauréat en enseignement en se disant qu’il y aurait du travail pour eux, dès la diplômation.

Pour quelques chanceux, il y a eu des postes de professeurs à temps-plein qui devaient être comblés sans délais mais pour les autres, l’expérience n’a pas été aussi heureuse.

Alors que les perspectives d’emploi semblaient formidables en enseignement, de 2000 à 2005, il semble qu’aujourd’hui, en 2008, les jeunes enseignants qui se cherchent du boulot ont sérieusement déchanté.

Entre les jobbines de remplacement et les postes temporaires, il devient difficile de vivre de son métier d’enseignant. Les conditions d’embauches étant sans cesse plus strictes, notamment en regard des exigences concernant le nouveau programme, de nombreux jeunes professeurs qui s’étaient fait à l’idée qu’ils enseigneraient se sont plutôt tournés vers d’autres corps de métiers, de guide touristique à formateur privé — toute une dégelée!

Les histoires d’horreur concernant les jeunes professeurs qui se cherchent un emploi, au Québec, sont légions. Les plus doués en anglais sont déjà partis vers d’autres provinces où l’on avait besoin de leurs talents et il faut dire qu’à Montréal, avec l’épidémie de « burn-outs » qui sévit dans presque toutes les écoles dites « Ã  problèmes », il existe des opportunités pour ceux qui surfent de remplacement en remplacement parce qu’avec le nombre d’élèves par classe qui explose et les cas problèmes qui sont intégrés aux cours réguliers (la belle affaire), les professeurs s’épuisent beaucoup plus vite qu’avant.

Si l’on ajoute la pression parentale parfois démesurée et des enfants résolument démotivés et mal élevés, on pousse encore plus vite les professeurs vers le gouffre inévitable du burn-out. De jeunes professeurs prennent leur place mais il n’est pas rare qu’eux aussi tombent en arrêt de travail pour des raisons d’épuisement professionnel. Dans certaines écoles de Montréal, surtout dans les « quartiers chauds », on peut retrouver des remplaçants des remplaçants des professeurs réguliers!

La situation « sous haute-pression » à Montréal permet des embauches mais entre l’idéal que se faisaient ces jeunes professeurs et la réalité parfois malsaine dans ces écoles « métropolitaines », il y a un monde!

Alors on se retrouve avec de jeunes professeurs diplômés qui déchantent et se demandent ce qu’ils font à jouer les bouche-trous pour le ministère de l’Éducation qui semble incapable de diviser les groupes de manière à régulariser la situation.

Les professeurs trouvent les tâches d’enseignement (copieusement agrémentées de « discipline ») plus difficiles que jamais, les directions d’école essaient de faire les quatre caprices des parents (même de ceux qui exagèrent), les commissions scolaires voguent au gré des vagues (sans chercher à s’améliorer) et le ministère de l’Éducation continue d’inviter les universitaires et les collégiens à considérer le métier de professeur, comme si tout allait bien, dans le meilleur des mondes!

On peut comprendre qu’il y ait beaucoup de monde frustrés dans cette Tour de Babel administrative qui semble si loin de la réalité « sur le terrain ».

Malheureusement, les enfants finissent par écoper de ce laxisme (qui vient d’en-haut, comme à l’habitude) et les parents, qui n’arrivent plus à suivre, se crispent devant tout changement parce qu’ils n’ont plus confiance au « système ».

Il faut absolument revaloriser le métier de professeur et trouver un moyen d’intégrer les meilleurs parmi ces jeunes professeurs à qui l’on a, implicitement, promis un emploi. La ministre Michelle Courchesne doit sortir de son mutisme et engager un réel dialogue avec cette nouvelle génération de professeurs qui, à tort ou à raison, se sent flouée.

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FACIL mène la charge en faveur du logiciel libre au gouvernement

Pour quiconque connaît un peu l’informatique, il ne fait aucun doute que le logiciel libre fait aujourd’hui partie du paysage informatique, aussi bien au chapitre des systèmes d’exploitation, des logiciels et des scripts (notamment ceux faisant appel à PHP et MySQL).

Quiconque tenterait d’ignorer l’existence —et la pertinence— de ces offres de logiciels libre de tous droits et gratuits serait bien mal avisé. En effet, que l’on pense à Linux, à Firefox ou à WordPress (le script grâce auquel fonctionne ce blogue), il s’agit de solutions « open source » qui facilitent la vie de centaines de millions d’utilisateurs, à chaque jour.

Mais le gouvernement du Québec constitue encore (malgré l’évidence de la puissance du « libre ») un château fort pour les logiciels propriétaires, coûteux, peu flexibles et impossibles à personnaliser. Pourquoi celà devrait-il nous émouvoir? Parce qu’en tant que contribuables, nous payons la totalité des licences pour ces logiciels propriétaires. Et ça continue, sans réserve…

Heureusement, de valeureux défenseurs du logiciel libre montent aux barricades pour forcer le gouvernement du Québec à s’ouvrir aux logiciels libres. Il s’agit de FACIL, une association à but non-lucratif dédiée à la promotion de l’informatique libre.

Voici leur plus récent communiqué de presse, daté du 28 août 2008, où ils prennent « le taureau par les cornes »…

FACIL, association à but non lucratif, qui prône l’appropriation collective de l’informatique libre, dénonce les pratiques d’achats de logiciels nécessaires à l’administration publique sans appel d’offres de la part du Gouvernement du Québec.

FACIL a déposé une requête en Cour supérieure du Québec pour faire cesser ces agissements car elle considère ces pratiques comme contraire au Règlement sur les contrats d’approvisionnement, de construction et de services des ministères et des organismes publics (R.Q. c. A-6.01, r.0.03) et à l’intérêt du Québec.

Au Québec, l’accès aux marchés publics est la règle alors que l’attribution de contrat sans appel d’offres est l’exception. En principe, un marché doit être ouvert à tous, de manière transparente et équitable. Les solutions et les propositions déposées doivent être évaluées objectivement à partir de critères reconnus et acceptés de tous. De plus, la loi impose que les marchés publics doivent favoriser le développement économique local et les technologies québécoises.

FACIL a constaté que des contrats d’achats de logiciels qui totalisent plus de 25 millions de dollars durant la période de février à juin 2008, ont été obtenus par de grandes multinationales par avis d’attribution sans passer par le processus normal d’appel d’offres. Ces achats se font au détriment de l’industrie du service en logiciel basée sur le logiciel libre au Québec et sont un obstacle au développement des entreprises québécoises dans le secteur des technologies de l’information.

FACIL dénonce cette façon de procéder qu’elle considère intolérable, illégale et contraire à l’intérêt de la société québécoise.

Une politique rigoureuse et déterminée d’utilisation de logiciels libres dans les administrations publiques permettrait la création de très nombreux emplois durables, ainsi que des économies substantielles en licences de logiciels et inutiles mises à jour.

Cependant, trop souvent l’administration québécoise refuse d’envisager et même d’évaluer l’option du logiciel libre.

Alors que la plupart des pays industrialisés ont débuté, depuis plusieurs années, la migration de leurs infrastructures technologiques en utilisant des logiciels libres, l’administration publique québécoise accuse déjà un retard prononcé. Parmi de nombreux exemples, en France, des centaines de milliers de postes de travail de fonctionnaires migrent vers des logiciels libres et, au Pays-Bas, l’administration publique, l’une des plus modernes du monde, a décidé d’interdire l’utilisation de logiciels propriétaires dans le secteur public.

Malgré de nombreuses initiatives, et devant le refus de dialogue et de concertation des responsables de l’administration publique, FACIL a décidé d’en appeler à la justice afin d’exiger que la loi sur les marchés publics soit respectée par le Gouvernement.

Ce n’est un secret pour personne que le gouvernement du Québec entretient des liens quasi-incestueux, sous la couverture de « partenariats stratégiques », avec des géants du logiciel propriétaire comme Microsoft, Cisco et Oracle qui, ensemble, ont obtenu des milliards de dollars de notre gouvernement — même si d’excellentes solutions GRATUITES existaient!

Lorsqu’on ajoute le cortège de firmes de consultation spécialisées en développement de solutions basées sur ces logiciels propriétaires, on comprends mieux que ces « conseillers » ne parlent JAMAIS du « libre » parce qu’ils font leurs milliards avec le « propriétaire ». Et comme d’habitude, c’est le citoyen qui se fait lessiver pour enrichir ces firmes qui « oublient » de considérer les solutions libres.

Alors comment pourrions-nous sauver des milliards de dollars, dès maintenant?

On pourrait commencer avec un plan-maison en 5 points, pour les écoles…

  1. Installer Édubuntu sur tous les ordinateurs, incluant ceux de la direction (et Ubuntu Édition pour serveurs pour tous les besoins liées au web, au FTP et aux courriels);
  2. Installer Asterisk pour gérer tous les PBX des écoles;
  3. Installer MediaWiki comme base de connaissances « ouverte » dans toutes les écoles (et aussi, pour les groupes, dans les écoles);
  4. Préférer WordPress pour tous les directeurs, professeurs et élèves qui veulent discuter de l’école, du cursus académique ou de tout autre thème relié à l’éducation; et
  5. Installer Claroline pour la gestion des classes (incluant la gestion des devoirs et des sources documentaires).

Sans être un spécialiste, il m’est possible de désigner —en quelques minutes— cinq solutions « en béton » pour faire épargner des milliards au ministère de l’Éducation et pourtant, il semble que ce simple exercice soit au-dessus des forces des fonctionnaires du gouvernement du Québec!

Et les solutions « open source » ne s’arrêtent pas là, le site Zone Libre à lui seul vous en propose des centaines et si vous en voulez plus, une simple recherche dans Google vous permettra de trouver une solution qui vous convient.

Il faut dire que les fonctionnaires du gouvernement du Québec ne dépensent pas LEUR argent, à proprement parler.

C’est sans doute pourquoi ils se laissent charmer par les sirènes des « lobbys d’intérêts privés » qui leurs chauffent les oreilles avec leurs « solutions propriétaires » mais il faut un sacré culot pour passer outre les solutions « libres », surtout quand on voit la dette nationale monter à chaque jour.

Cette dette nationale devra être portée par nos enfants, ceux-là mêmes à qui on impose Microsoft Windows, à l’école. Nos enfants devront donc payer pendant des décennies les prix éhontés de ces licences de logiciels « propriétaires » alors qu’avec un peu de jugement, de vision et de courage, nos fonctionnaires auraient pu leur éviter LA TOTALITÉ de ces frais!

Alors rangeons-nous derrière FACIL et appuyons-les dans leurs démarches pour faire reconnaître les logiciels libres par les décideurs gouvernementaux. Il est temps que ça change… dehors Microsoft, bienvenue Linux et bye-bye les dettes reportées sur les épaules de nos enfants.

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