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L’indépendance relative de nos chercheurs

Lorsque vous pensez aux nombreux chercheurs, de niveau universitaire, qui travaillent sans relâche pour faire avancer la science, une expérience à la fois, vous n’avez pas l’impression que ces individus qui inventent le monde dans lequel nous vivrons demain ont tant de comptes à rendre.

En fait, ces chercheurs travaillent autant à innover, au plan scientifique, qu’à trouver… du financement!

Et le financement de leurs recherches ne vient qu’au bout d’un marathon de lobbying souvent contre-productif qui force ces chercheurs à quitter leur véritable sphère de productivité pour jouer le jeu de la courtisannerie financière.

En tant que contribuable, en refusant de bien financer nos chercheurs universitaires, nous les condamnons à lire des programmes de financement de la recherche (dans leur domaine), à remplir les formulaires qui s’y rapportent et passer des mois entiers développer des présentations Powerpoint pour des inconnus aux poches profondes qui, au fond, n’ont aucun intérêt à voir avancer la science. Ces « investisseurs », parfois du domaine public, souvent du privé, n’en ont que pour le potentiel de profit de l’idée, une fois devenue commercialisable.

En forçant nos chercheurs universitaires à coucher avec les financiers aux dents longues, on se tire dans le pieds (socialement parlant) à plusieurs égards, notamment en ce qui a trait à la propriété des idées car au départ, les chercheurs (québécois) possédaient la totalité de la propriété intellectuelle de leur projet mais avec l’arrivée du capital, cette précieuse propriété quitte, souvent à plus de 50% vers les mains de puissantes corporations qui « emprisonnent » les bonnes idées afin, disent-ils, de les « protéger » mais en réalité, c’est une stratégie commerciale socialement mesquine qui place, à grand renfort d’égoïsme, leur profit personnel avant les avantages nés de l’idée, pour le grand public.

C’est bien connu, il existe de nombreux tenants du « privé à tout prix » (les « jusqu’au-bout-istes » du privé).

Très bien mais avant l’arrivée du « capital privé », les activités de recherche étaient entre les mains des chercheurs (d’ici) et donc, en tout et pour tout, il s’agissait de projets —privés— à 100% Québécois… avant l’arrivée des loups « Ã©trangers » (ou locaux, à la solde des « Ã©trangers »).

En ce sens, même les amateurs de propriété privée devraient se méfier des grosses compagnies étrangères qui achètent les projets de nos plus brillants chercheurs locaux, s’assurant deux choses: (1) la propriété et le contrôle des meilleurs projets et (2) l’élimination de toute compétition future.

Wow…

Et nous, en tant que grands financiers des universités québécoises, on laisse aller ce gros cirque!

Et c’est un cirque, il n’y aucun doute là.

Pour vous en convaincre, appelez l’équipe de recherche universitaire de votre choix, dites leur que vous aimeriez investir dans des projets universitaires et regardez bien les bassesses qu’ils sont prêts à accepter, en échange de votre argent, c’est dingue!

Ajoutez à ce portrait les « grand financiers universitaires » qui pratiquent un lobby continuel sur tout ce qui ressemble à un politicien ou un décideur et vous comprenez vite que ces deux groupes deviennent « copains comme cochon », à force de se côtoyer et de se renvoyer l’ascenseur.

Par exemple, le gouvernement alloue, par exemple, 1M$ pour un projet de recherche mais invoque la nouvelle doctrine des PPP pour justifier qu’un partenaire privé puisse, lui aussi mettre 1M$ et obtenir, en échange 50% du projet! Ce faisant, le gouvernement vient de faire économiser 1M$ à son « partenaire privé » parce que dans les faits, ce financier privé aura le plein contrôle sur le projet et pourra, à sa guise, le racheter pour une bouchée de pain lorsque l’opinion publique aura passé à autre chose.

Qui plus est, le 1M$ investi par le partenaire privé est habituellement assujetti à tellement de conditions qu’il n’est pas rare de voir des PPP où il n’y a que le gouvernement qui a vraiment déboursé sa part! Il arrive même que les financiers privés attendent, par exemple, que le projet de recherche ait généré pour 1M$ de dividendes (qui lui reviennent) avant de débourser sa part, ce qui, dans les fait, revient à avoir eu 50% sans jamais payer 1 cenne… wow!

Et la cerise sur ce proverbial sundæ, c’est que le 1M$ « investi » par le financier privé bénéficie habituellement d’un traitement fiscal préférentiel qui, généralement, prend la forme d’une perte et donc, devient pleinement déductible.

Donc, en bout de ligne, les contribuables paient (1) pour leur 1M$ (d’argent du public) mais aussi (2) pour le 1M$ du privé qui, dans les livres comptables, a été inscrit comme une perte déductible, ce qui revient à dire que les contribuables doivent l’absorber… génial, pour un comptable ou fiscaliste qui facture cher de l’heure pour faire de tels montages mais pour les citoyens du Québec, c’est un perte… sur toute la ligne!

Les contribuables québécois ne se rendent pas compte à quel point ils sont les dindons de la farce.

Les compagnies étrangères ont tellement de plaisir à venir baillonner nos meilleurs chercheurs sous des avalanches de contrats d’avocats où ils se réservent tous les droits mais imposent toutes les responsabilités sur les épaules des chercheurs qui, comme des junkies en manque d’argent, acceptent toutes sortes de clauses obscures qui les condamne à l’esclavage scientifique, aux mains des transnationales privées.

C’est pour toutes ces raisons que l’indépendance de nos chercheurs universitaires québécois s’avère, tout compte fait, bien relative.

Le mieux, c’est encore lorsque papa et maman investissent directement dans le projet de recherche des enfants (même lorsqu’ils sont rendus à l’université) pour préserver leur véritable indépendance, incluant le plein contrôle sur la propriété intellectuelle.

Au lieu de gaspiller leur argent dans des comptes d’épargne qui ne vont nulle part, les boomers feraient mieux de confier cet argent à leurs enfants qui font des recherches et auraient bien besoin de capital-maison pour leur éviter la gênante « danse du financement » devant des étrangers qui ne viennent ici, en fait, que pour prendre ce que nous avons de mieux pour ensuite nous le revendre à vil prix.

Il est temps que tous les Québécois se tiennent debout et appuient sérieusement la recherche scientifique (incluant la recherche fondamentale) et du même coup, sorte les financiers privés de nos universités. Ils ont l’air cool mais ça, c’est juste des apparences. Ils ont les dents longues et ne nous font jamais de cadeaux.

C’est comme pour les barrages nationalisés. En faisant les choses nous-mêmes, ont réussit bien mieux — même si les transnationales étrangères font tout pour nous convaincre du contraire. Il est temps que nos chercheurs s’occupent de leurs affaires à savoir, leurs projets de recherche.

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Les prêts et bourses 2008-2009

Prêts et bourses 2008-2009Alors vous avez choisi d’étudier à l’université mais vous n’avez pas les moyens d’en régler toutes les factures?

N’ayez crainte, l’Aide financière aux études a préparé une brochure de 24 pages intitulée « Prêts et bourses: des réponses à vos questions » qui s’adresse justement à vous. Vous pouvez le consulter dès maintenant, en format .pdf, pour enfin comprendre comment fonctionne le fameux programme de prêts et bourses, au Québec.

On y parle des besoins financiers des étudiants en fonction du calendrier scolaire, de la bonne gestion du budget, de l’admissibilité au programme et bien sûr, du mode de calcul de l’aide financière.

Il y a aussi une page qui rappelle que l’étudiant universitaire qui a gradué (ou cessé d’étudier) doit prendre en charge les intérêts de sa dette dans un délais d’un mois suivant la date de fin des études et six mois plus tard, il doit commencer à rembourser le capital.

Les exemples de calcul font état de dépenses de 8,500$ pour 8 mois d’étude SANS habiter chez ses parents.

Je ne sais pas sur quelle planète vivent les « génies de la finance » de l’AFE mais ça fait (grosso-modo) 1,062.50$ par mois. Si on enlève des frais d’admission d’au-moins 1,500$ par session, pour 2 sessions (automne et hiver), on retire ipso-facto 3,000$ de l’aide financière, ce qui nous ramène à 5,500$.

Si on enlève un loyer mensuel de 400$ (pour 8 mois, soit 3,200$), il ne reste que 2,300$ pour la session.

Disons qu’on enlève 200$ par mois de nourriture, ce qui équivaut à 1,600$ pour 8 mois et qu’on soustrait encore 60$ par mois pour une passe d’autobus (480$, en tout), il restera un gros 220$ pour acheter les livres!

Mais ce calcul, bien que réaliste, ne tient pas compte du revenu (1) de l’étudiant et (2) des parents. Plus l’un ou l’autre a gagné d’argent, moins il recevra d’aide financière. Bien que ce soit bien ainsi, quiconque veut obtenir une aide financière sera fortement motivé à cesser de gagner des revenus pour devenir « admissible » ce qui, en soi, s’avère socialement contre-productif.

Ainsi, l’aide financière de notre exemple, initialement imaginée (par l’AFE) à 8,500$ pourrait en fait être de 6,500$… ou moins, beaucoup moins.

Alors même si l’étudiant son 6,500$ sous forme d’un prêt de 2,440$ et d’une bourse de 4,060$, il aura intérêt à ne PAS travailler à temps-partiel pour améliorer son sort puisque le Ministère du revenu et l’Aide financière aux études sont apparemment de grands copains et se disent bien des choses, à savoir que si des revenus ont été gagnés « légalement », la bourse pourrait être rappelée EN TOTALITÉ et le prêt exigible sur-le-champ, avant la fin des études.

On aurait beau imaginer un meilleur incitatif au travail au noir que je doute qu’on pourrait en inventer un!

Les pauvres étudiants récipiendaires d’aide aux études deviennent donc prisonniers, à plusieurs égards, d’une logique comptable profondément déconnectée de la réalité étudiante, au niveau universitaire.

Évidemment, avec le salaire minimum à 8,50$ de l’heure (et 7,75$ pour les employés percevant des pourboires), il faudrait travailler 764,7 heures (ou 23,9 heures, sur 32 semaines) pour gagner 6,500$ par ses propres moyens (moins l’impôt qui serait perçu à la source).

Autrement dit, si vous avez un intérêt pour les études universitaires, que vous ne restez pas chez parents et que vous n’avez aucune chance de dégoter un emploi plus payant que le salaire minimum, vous avez intérêt à devenir copain-copain avec l’Aide financière aux études!

Si vous décidez de jouer le jeu des prêts et bourses, assurez-vous de suivre leurs règlements à la lettre puisqu’ils ont tendance à devenir votre pire cauchemar dès que vous « osez » tenter d’améliorer votre sort sans les prévenir (ce qui risque d’arriver si vous vivez une vie « normale »).

L’idéal, c’est d’avoir des parents assez prévoyants pour avoir accumulé un fonds d’études ou mieux, qu’ils soient assez riches pour vous héberger, vous nourrir et vous soutenir, le temps que vous décrochiez un diplôme qui facilitera votre obtention d’un lucratif emploi… qui vous permettra de fonder votre propre famille.

Comme dans tant de situations concernant l’enseignement supérieur, la débrouillardise, l’opportunisme et la chance peuvent faire toute la différence mais dans tous les cas, il est préférable d’avoir préparé ses finances avec autant de rigueur que sa demande pour être admis à l’université.

Sur ce, bonne chance à tous les étudiants qui réclameront des prêts et bourses de l’Aide financière aux études, en 2008-2009… et après!

Tags: aide financière aux études, prêts étudiants, bourses, études universitaires, enseignement supérieur, argent, prêts pour les études, prêts universitaires, dettes d’études, remboursement de dettes

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